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Nigeria : protection pour des témoins au procès du dirigeant indépendantiste biafrais Kanu


Une manifestation en soutien au leader pro-Biafra Nnamdi Kanu, le 1er décembre 2015 à Abuja. (Reuters/Afolabi Sotunde)

Une manifestation en soutien au leader pro-Biafra Nnamdi Kanu, le 1er décembre 2015 à Abuja. (Reuters/Afolabi Sotunde)

Le tribunal nigérian, qui doit juger à partir de mercredi le dirigeant indépendantiste biafrais Nnamdi Kanu pour "trahison", a accepté lundi la demande des témoins de l'accusation de déposer cachés du public.

Le juge James Tsoho de la Haute cour fédérale d'Abuja a déclaré avoir accepté la mise en place d'un dispositif occultant les témoins de la vue du public pour que ces derniers "ne soient pas exposés à un risque évitable".

Les témoins seront visibles uniquement du juge, des avocats et des trois accusés, dont Nnamdi Kanu, directeur de Radio Biafra et dirigeant du mouvement interdit Peuple indigène du Biafra (IPOB).

Nnamdi Kanu est devenu la figure de proue du nouveau mouvement indépendantiste biafrais. Il a plaidé non coupable des accusations Kanu de "propagation d'un agenda de sécession" avec l'intention de "mener une guerre contre le Nigeria".

La sécession du Biafra, sept ans après l'indépendance du Nigeria, avait débouché sur un conflit féroce de trois ans (1967-70) et la mort d'environ un million de personnes, beaucoup ayant succombé à la maladie et à la famine.

L'arrestation de M. Kanu en octobre avait provoqué une vague de protestations dans le sud-est du Nigeria, dont des appels à l'indépendance du Biafra pour le peuple igbo, majoritaire dans cet état déshérité.

Le procureur de l'Etat, Mohammed Diri, a dit au juge Tsoho que les témoins étaient prêts à témoigner, mais ne le feraient pas tant qu'ils n'auraient pas eu d'assurances quant à leur sécurité. "C'est parce qu'ils sont déjà reçu des menaces des partisans de l'accusé qui leur ont dit qu'ils s'occuperaient d'eux", a-t-il ajouté.

M. Diri a également lu un rapport qu'il a dit avoir reçu des services secrets - le Département des services de l'État - laissant entendre que les partisans de Kanu avaient l'intention de l'enlever pendant le procès.

L'audience, plusieurs fois ajournée, doit se tenir mercredi mais l'avocat de la défense Ifeanyi Ejiofor a annoncé à la presse qu'il allait contester devant la cour d'appel la mise en place de ces mesures de protection des témoins.

Le mois dernier, M. Kanu s'était qualifié de "prisonnier d'opinion" auprès de l'AFP, depuis la prison où il est en détention provisoire. Il assurait aussi qu'"au final, le Biafra va exister".

Le président nigérian Muhammadu Buhari a déclaré que le pays "ne tolérerait pas" de manifestation pro-Biafra, dans un entretien au service en anglais de la télévision Al-Jazeera diffusé samedi.

Avec AFP

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