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Nigéria : le rechargement des cellulaires, une bonne affaire


Les cellulaires, de plus en plus prisés dans les régions les plus reculées de l'Afrique

Les cellulaires, de plus en plus prisés dans les régions les plus reculées de l'Afrique

Au Nigéria, les zones rurales sont le plus souvent privées d’électricité, même si les téléphones cellulaires y sont de plus en plus répandus. Ces téléphones, il faut bien les recharger et c’est pour répondre à cette demande que certains villageois entreprenants ont ouvert des « boutiques de rechargement ».

Le village de Kalkora, qui est niché aux confins de la forêt dans le nord du Nigeria, ne compte que quelques centaines d’habitants, en majorité des agriculteurs de subsistance qui survivent de la culture du maïs, du manioc et de l'igname. Ces gens vivent dans des maisons de boue et paille séchées, et aucun d'entre eux n’a l'électricité. Mais progressivement, chacun s’est doté d’au moins un cellulaire.

L’un d’eux, Edward Sunday, dit que ce serait une erreur de croire que les résidents de Kalkora n'ont pas besoin de ces téléphones, sans parler de Facebook et Twitter. « Surtout les jeunes qui sont grandissent. Nous sommes éduqués maintenant. Nous sommes reliés à plus de choses aujourd’hui », explique M. Sunday. Certes, son père dispose d’un générateur, poursuit-il. Théoriquement, cela devrait permettre à sa famille de recharger ces cellulaires. Mais voilà, le carburant coûte cher et il est plus facile d’aller au petit magazine qui offre les rechargements.

Pour 5 à 10 centimes, on peut recharger le cellulaire. « Vous y verrez plus de 10 téléphones branchés, parce que tout le monde essaie de recharger son téléphone pour se connecter à ses proches » explique M. Sunday.

Un autre habitant de Kalkora signale qu’à quelques kilomètres du village, on peut trouver un hameau relié au réseau d’électricité, et recharger son cellulaire gratuitement. Mais dans cette région reculée, où les tensions intercommunautaires sont vives, les routes ne sont pas sures, surtout la nuit tombée.

« A cause de ce problème, vous ne pourriez pas recharger le téléphone en raison des risques le long de la route et ainsi de suite. Donc, nous sommes confrontés à de nombreux défis dans le village » affirme M. Kojeyat.

Parmi ces défis : les villageois sont forcés, une fois leur cellulaire chargé, de gagner le sommet d’une colline des environs pour téléphoner car si les cellulaires marchent, la connexion n’est pas terrible. En tout cas, les marchands se félicitent de cette opportunité d’élargir leurs activités. Recharger les téléphones est une activité sure, facile et rentable, explique un commerçant qui précise recharger en moyenne une cinquantaine d’appareils durant la nuit.
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