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Nigeria : des restrictions pour empêcher les jeunes de rejoindre la prostitution et des terroristes


Une vue de Lagos.

Une vue de Lagos.

Près de 24.000 Nigérians ont été empêchés de quitter leur pays, ont annoncé mardi les Services d'immigration du Nigeria (NIS), pour tenter de les dissuader de rejoindre des groupes terroristes étrangers, de tomber dans la prostitution ou d'autres activités criminelles hors de leur pays.

Ces milliers de Nigérians, âgés de 17 à 35 ans, ont été refoulés à leur frontière, entre janvier 2014 et mars 2015, a indiqué le NIS à l'AFP.

"Des rapports récents ont indiqué que certains Nigérians partent pour rejoindre des groupes terroristes, particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord", a déclaré le porte-parole du NIS, Chukwuemeka Obua.

Bien que certaines personnes arrêtées aient été des travailleurs cherchant à émigrer, ces mesures répressives visent à empêcher les Nigérians d'être appâtés et menés "au terrorisme, à la prostitution à l'esclavage et à d'autres activités inappropriées à l'étranger", a précisé le NIS dans un communiqué.

Le Nigeria tente de mettre fin à l'insurrection du groupe islamiste Boko Haram. Le groupe, mais aussi sa répression par les forces de l'ordre nigérianes, ont fait plus de 15.000 morts depuis 2009, essentiellement dans le Nord majoritairement musulman.

Mais le pays qui compte près de 180 millions d'habitants est également devenu "un réservoir de population pour les recruteurs" à l'étranger à cause du fort taux de chômage, a souligné le NIS.

Fils d'un riche banquier nigérian, Umar Farouk Abdulmutallab, 28 ans, figure parmi les étrangers detenus pour terrorisme. Lié à Al-Qaida, il voulait faire détoner un explosif dissimulé dans ses sous-vêtements à bord d'un avion de la Northwest Airlines en approche finale de l'aéroport de Detroit, le jour de Noël en 2009.

Les médias nigérians ont rapporté que deux cousins venant de Kano (nord) ont été arrêtés ce week-end alors qu'ils tentaient de se rendre au Pakistan depuis l'Inde, avec l'intention de rejoindre l'organisation de l'Etat islamique en Irak.

Le NIS a souligné que les organisations terroristes étrangères avaient des contacts qui fournissaient passeports, visas et billets d'avion à leurs recrues nigérianes.

Pour détecter ces éventuelles recrues, le NIS a annoncé avoir mis en place un "profilage" des voyageurs.

Entre janvier 2014 et mars 2015, plus de 10.000 Nigérians ont été expulsés de pays étrangers, tandis que 3.193 autres se sont vus refuser un visa d'entrée.

Avec AFP

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