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Nigeria : le chef de l'armée dément tout dérapage contre les chiites de Zaria


Zaria, Nigeria

Zaria, Nigeria

L'affrontement entre des militaires nigérians et des membres du Mouvement islamique du Nigeria, groupe religieux chiite, aurait fait plusieurs centaines de morts en décembre.

Le plus haut responsable de l'armée nigériane a assuré que ses troupes avaient agi de manière appropriée lors d'affrontements avec un mouvement chiite qui auraient fait plusieurs centaines de morts en décembre à Zaria, dans le nord du pays.

Le chef d'état-major des armées, le général Tukur Yusuf Buratai, a affirmé mardi 19 janvier que ses officiers et soldats avaient "agi conformément aux règles d'engagement et à la mission donnée par leurs supérieurs".

Le général faisait sa déposition dans le cadre d'une enquête menée par la commission nationale des droits de l'Homme sur l'intervention militaire contre le fief du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) à Zaria.

Aucun bilan officiel n'a été communiqué à l'issue de deux jours d'affrontements qui ont débuté le 12 décembre quand des adeptes de l'IMN ont bloqué un convoi du général Buratai pour laisser passer une procession religieuse. L'armée a déclaré que des membres de l'IMN avaient tenté d'assassiner M. Buratai.

Le général Buratai a toutefois démenti que les soldats aient agi en dehors de la loi, assurant qu'ils "respectaient les droits de l'Homme".

730 membres portés disparus, selon l'IMN

L'IMN a rappelé la semaine dernière qu'environ 730 de ses membres étaient toujours portés disparus "soit tués par l'armée soit détenus au secret".

Un médecin de l'hôpital universitaire Ahmadu Bello de Zaria (ABUTH), où la plupart des victimes avaient été conduites, avait déclaré à l'AFP avoir compté au moins 400 corps à la morgue le 12 décembre au soir.

Des journalistes locaux ont déclaré avoir vu des centaines de cadavres dans les rues près de la résidence du chef de l'IMN, Ibrahim Zakzaky, dans les jours qui ont suivi.

Human Rights Watch a avancé le chiffre "d'au moins 300 tués" tandis qu'Amnesty International parlait de "centaines" de victimes.

Ibrahim Zakzaky et l'IMN ont déjà eu maille à partir avec les autorités nigérianes, dans leur combat pour créer un Etat islamique à l'iranienne. Le chef religieux a déjà été incarcéré à plusieurs reprises.

Le nord du Nigeria est principalement habité par des musulmans sunnites.

Avec AFP

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