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Un blogueur spécialiste de Boko Haram entendu par les autorités


Le dessin qu'utilise Ahmad Salkida pour son profil sur Twitter, le 7 septembre 2016.

Le dessin qu'utilise Ahmad Salkida pour son profil sur Twitter, le 7 septembre 2016.

Un blogueur nigérian spécialiste du conflit dans le nord-est du pays a été entendu à Abuja par les autorités pour ses liens présumés avec le groupe jihadiste Boko Haram, a rapporté mercredi la BBC, citant un SMS du journaliste.

L'armée nigériane avait fait savoir en août qu'elle souhaitait interroger le journaliste Ahmad Salkida pour détention présumée d'informations concernant l'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 jeunes filles en avril 2014 dans le lycée public pour filles de Chibok (nord-est).

Des médias nigérians ont affirmé que M. Salkida avait été arrêté lundi à son arrivée dans la capitale, Abuja, par un vol en provenance des Emirats arabes unis.

Mais selon la BBC, le blogueur a envoyé mercredi un SMS au service en langue haoussa de la chaîne britannique dans lequel il indique avoir été "libéré en moins de 24 heures sans aucune condition".

Le journaliste nie avoir été arrêté à l'aéroport, affirmant que sa prise en charge par les autorités avait été "organisée à l'avance".

De son côté, l'armée nigériane a également nié avoir arrêté le journaliste.

Le 15 août dernier, le porte-parole de l'armée, le colonel Sani Usman, a affirmé qu'il n'y avait "aucun doute" sur le fait que le journaliste et deux autres personnes "ont des liens avec les terroristes de Boko Haram et ont des contacts avec eux".

Quelques jours auparavant, M. Salkida avait affirmé sur son compte Twitter avoir reçu en "exclusivité" la dernière vidéo présentant les lycéennes de Chibok, diffusée le 14 août par Boko Haram.

Le blogueur est une figure importante dans le conflit contre les combattants islamistes de Boko Haram, qui a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009. Il a notamment été au coeur de négociations avortées avec le gouvernement de l'ex-président Goodluck Jonathan.

Résident à Maiduguri, ville de l'extrême nord-est du pays et berceau de Boko Haram, il avait été le premier journaliste à obtenir une interview exclusive en 2006 avec le fondateur du mouvement, Mohammed Yusuf.

Depuis lors, il a toujours servi de vecteur d'informations fiables sur le groupe, éveillant les soupçons des autorités. Il vit désormais en exil aux Emirats arabes unis, d'où il tient un blog journalistique.

Le jour de l'annonce de sa recherche par l'armée, il avait écrit sur son blog qu'il prendrait "un avion pour Abuja" et répondrait à l'invitation des autorités sans toutefois donner de date exacte, affirmant qu'il travaillait du côté du gouvernement pour "la libération" des otages.

Avec AFP

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