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Niger: l’opposition se retire de l’audit du fichier électoral


Le président nigérien Mahamadou Issoufou à Valletta à Malte à l'occasion d'un sommet sur l'immigration, le 12 novembre 2015. (AP Photo/Antonio Calanni)

Le président nigérien Mahamadou Issoufou à Valletta à Malte à l'occasion d'un sommet sur l'immigration, le 12 novembre 2015. (AP Photo/Antonio Calanni)

L’opposition a suspendu sa participation au comité sur l'audit du fichier électoral en vue de la présidentielle du 21 février.

Samedi, le pouvoir et l'opposition s’étaient accordés pour un audit du fichier électoral, contesté par les opposants.

Le ministre de la Justice et porte-parole du gouvernement, Marou Amadou, qui a annoncé à la télévision publique les dates de la campagne électorale (30 janvier - 19 février), a précisé que l'opposition avait "quitté" le comité.

"Si les élections ne sont pas organisées le 21 février, le pays basculera dans un vide constitutionnel", a-t-il lancé.

L’opposition estime que les délais pour réaliser l'expertise sont trop courts et que l'audit devrait être effectué par des experts.

"L'audit doit se faire avec un cabinet international, indépendant et crédible", a déclaré Ousseini Salatou, le porte-parole de l'opposition, qui menace de boycotter le scrutin.

"L'essentiel est d'avoir un fichier propre qui a l'accord de tout le monde", a martelé M. Salatou, accusant le pouvoir de ne pas vouloir de l'audit.

Début novembre, le chef de file de l'opposition, Seïni Oumarou, avait critiqué le fichier électoral "plein d'erreurs et d'anomalies".

Mi-novembre, Sabiou Gaya, un des responsables chargés de l'élaboration de ce fichier, avait reconnu qu'il comportait "beaucoup de ratés", notamment avec des "bureaux de vote manquants", des "mineurs et non Nigériens inscrits" sur les listes.

Le climat politique est tendu depuis deux ans au Niger, où les opposants accusent le président Issoufou de provoquer des scissions au sein de leurs formations pour assurer sa réélection.

En août, l'opposition avait rejeté le calendrier fixé par la commission électorale, dénonçant une absence de "consensus". Elle avait auparavant critiqué la cour constitutionnelle, qui valide les candidatures et les résultats des élections, pour son "allégeance" au président.

Avec Afp

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