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Controverse autour du vote par témoignage au Niger


Les locaux de la Céni à Niamey, le 17 février 2016. (Nicolas Pinault/VOA)

Les locaux de la Céni à Niamey, le 17 février 2016. (Nicolas Pinault/VOA)

L’arrêté autorisant le "vote par témoignage" signé mercredi par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a suscité une vive controverse au Niger à quatre jours de l’élection présidentielle couplée aux législatives prévues dimanche.

Selon l’arrêté, tout Nigérien porteur d’une carte d’électeur mais qui manque une deuxième pièce d’identification notamment sa carte d’identité, peut voter si deux électeurs inscrits dans le même bureau de vote l’identifient ou témoignent de sa nationalité.

L’arrêté a provoqué une polémique. Car ce vote par témoignage concerne plus d’un million d’électeurs, selon la CENI.

L’opposition y est farouchement opposée et dénonce une manœuvre du pouvoir qui est évidemment favorable à ce type de vote.

"Ça crée énormément des problèmes, ce vote par témoignage. L’arrêté ne dit même pas pour combien des personnes les mêmes électeurs peuvent témoigner. On peut se retrouver dans des situations où deux personnes peuvent venir dans un bureau de vote et y rester du matin au soir pour témoigner pour autant des personnes qu’ils voudront," se plaint sur VOA Afrique, Ali Idrissa, président de l'Observatoire du processus électoral, OPELE.

L’opposition s’appuie sur le fait que ce type de vote ne soit pas indiqué dans la Constitution et le dénonce.

La signature de l’arrêté est à la base des dissensions au sein de la CENI même si la décision a été soumise à un vote.

Dr. Amadou Mame Diop, chef mission de la mission de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) reconnait que ce vote par témoignage constitue un point d’achoppement.

"Il faut avouer que ce point risque de poser quelques difficultés", soutient M. Diop.

Pour lui, il s’agit d’un cas spécifique dans la région. Car le Niger est seul à l’appliquer sur les 8 pays membres de l’organisation.

Ce type de vote existait déjà au Niger mais il a été écarté parce que la biométrie était envisagée, précise M. Diop.

Sur VOA Afrique, le président de la Ceni temporise et appelle les acteurs politiques au calme et a la responsabilite. Boube Ibrahim affirme que les résultats du scrutin présidentel seront connus au maximum 48h après le vote de dimanche

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