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Un Néerlandais de 21 ans concrétise son rêve de dépolluer les océans


Boyan Slat, Pdg et fondateur du projet 'The Cleanup Ocean'

Boyan Slat, Pdg et fondateur du projet 'The Cleanup Ocean'

Un jeune Néerlandais de 21 ans a dévoilé mercredi un prototype de barrière filtrante pour débarrasser les océans des déchets plastiques, qui s'y déversent par millions de tonnes chaque année, projet inédit qui va être testé durant un an en mer du Nord.

Avec "Ocean Cleanup" ("nettoyage des océans", en anglais), Boyan Slat, 21 ans, veut lutter contre la "soupe plastique", mélange de déchets de tailles diverses dans l'océan, qui a un impact considérable sur l'environnement.

Entraînés dans les cinq principales gyres, des courants marins circulaires, les plastiques forment d'énormes plaques de déchets, des "continents" de plastique.

Quand la plupart des autres projets envisagent de les ramasser à l'aide de bateaux sillonnant les océans, le jeune homme a souhaité se servir des courants marins pour piéger les débris.

"Pourquoi irions-nous vers les déchets alors que les déchets peuvent venir à nous ?", a expliqué le jeune homme au look d'adolescent, cheveux ébouriffés et chemise ouverte, lors d'une conférence de presse au port de Scheveningen, dans l'ouest des Pays-Bas.

Océan Cleanup a dévoilé son premier prototype

Océan Cleanup a dévoilé son premier prototype

Le prototype est donc une barrière de 100 mètres de long constituée de flotteurs noirs allongés et de filets capturant les débris de plastique.

Composée d'une surface émergée et d'une surface immergée d'1,50 mètre chacune, "la barrière flottante la plus résistante au monde", faite de caoutchouc, de polyester et de tissu, est conçue pour supporter des charges de 80 tonnes et capturer les petits morceaux de plastique jusqu'à un millimètre de diamètre.

Elle sera déployée jeudi pour une durée d'un an dans la mer du Nord, à 23 kilomètres des côtes néerlandaises.

Un endroit choisi en raison de la puissance des courants liés à la marée. "A la moindre petite tempête, nous aurons des forces plus puissantes que durant une tempête qui durerait une centaine d'années dans l'océan. Si le prototype peut survivre ici, il survivra partout", a expliqué Boyan Slat.

- 'Plus de plastique que de poissons' -

Mais Boyan Slat voit plus grand: une barrière de 100 kilomètres de long qu'il souhaite mettre à l'eau à l'horizon 2020, un réponse innovante "au problème mondial grandissant de débris de plastique dans nos océans", comme l'a souligné le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), en lui remettant en 2014 le prix "Champion de la Terre".

Il s'agirait alors de deux bras flottants de 50 kilomètres formant un "V", arrimés aux fonds marins, et munis d'un "rideau" de trois mètres s'enfonçant dans l'eau pour bloquer les plastiques, récoltés ensuite dans un container. Jusqu'à 3.000 mètres cubes de déchets pourraient y être stockés -- de quoi remplir une piscine olympique--, et en partie recyclés.

"En déployant un seul de ces systèmes durant dix ans, nous pourrions nettoyer la moitié de la grande plaque de déchets du Pacifique", a expliqué le jeune homme durant la conférence de presse.

En attendant, Boyan Slat veut rendre infaillible son premier prototype en contrôlant, réparant et améliorant le moindre défaut lors de ce "test destructeur".

Né d'un croquis sur une serviette en papier alors qu'il était encore au lycée, ce prototype d'une valeur d'1,5 million d'euros a notamment été financé par une collecte de 2 millions d'euros sur internet.

Le jeune homme, qui a abandonné ses études en ingénierie spatiale pour se consacrer totalement à son aventure, a voulu concrétiser cette utopie d'étendues maritimes propres "après avoir fait de la plongée sous-marine lors de vacances en Grèce". "Sous l'eau, j'ai vu plus de plastique que de poissons", dit-il.

Un fléau pour les espèces marines et à terme, pour l'homme.

Dauphins et phoques s'y empêtrent, s'étranglent et se noient tandis que les tortues ingèrent les sacs plastiques, les prenant pour des méduses.

Décomposées en petites particules, ces matières, soupçonnées notamment d'effets négatifs sur la fertilité, entrent ensuite dans la chaîne alimentaire.

Avec AFP

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