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La volte-face du gouvernement turc sur la naturalisation des réfugiés syriens


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le 3 juin 2016.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le 3 juin 2016.

Le président Erdogan a proposé de donner la nationalité turque à ceux qui le souhaitaient, une annonce perçue comme une tentative de manipulation par certains.

"Je vais vous annoncer une bonne nouvelle. Nous allons aider nos amis syriens en leur offrant l’opportunité s’ils le désirent d’acquérir la nationalité turque", a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan, dans la province de Kilis (sud de la Turquie), à la frontière avec la Syrie, à l’occasion d’un dîner de rupture de jeûne du ramadan.

Le ministère de l’Intérieur devrait rapidement annoncer la procédure à suivre pour la naturalisation, a poursuivi l’homme fort de Turquie. Il n’a pas précisé si tous les réfugiés enregistrés comme vivant en Turquie seraient en mesure de demander la citoyenneté, et n’a pas établi non plus les critères d’admissibilité ou précisé combien de temps le processus prendrait.

"Nous vous considérons comme nos frères et sœurs, vous n’êtes pas éloignés de votre patrie mais seulement de vos foyers et de vos terres car la Turquie est également votre patrie", a poursuivi Erdogan devant un groupe de réfugiés syriens.

La Turquie accueille sur son sol quelque 2,7 millions de réfugiés syriens qui ont fui la guerre civile dans leur pays. Elle ne les considère pas juridiquement comme des réfugiés mais comme des «invités». 300 000 Irakiens qui ont fui l’avancée du groupe de l’Etat islamique (EI) en Irak, ont aussi été accueillis en Turquie. Le gouvernement turc avait déjà accordé des permis de travail et de résidence à un groupe restreint de Syriens.

Sur VOA Afrique, Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie – Moyen Orient à l’Institut français des relations internationales à Paris, le président turc a pris beaucoup d'experts de court. "Jusqu'à présent le sort des réfugiens syriens n'était pas très clair en Turquie. Le gouvernement turc passe du tout au rien : de l'absence totale de politique à l'idée que, du jour au lendemain, ces réfugiés vont devenir des citoyens à part entière dans un pays qui a déjà beaucoup de difficultés à réussir le mux social et le mix ethnique".

"La question kurde est très clairement à nouveau très problématique" précise Dorothée Schmid. "Aujourd'hui il y a des forces de sécurité turques qui font régner la terreur dans le sud -est de la Turquie sous pretexte de lutter contre le terrorisme kurde. Dans le fond, le problème est celui d'atteindre la pleine citoyenneté des kurdes de Turquie tout en respectant leurs différences. De façon pas très etonnante, beaucoup de critiques sont venues du camp kurde mais aussi du camp des turcs blancs, qui ne se sont pas en adéquation avec ce gouvernement."

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