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Naissance d’une nouvelle rébellion au Soudan du Sud


Le président sud-soudanais Salva Kiir, Juba, 21 février 2017.

Le président sud-soudanais Salva Kiir, Juba, 21 février 2017.

Le général sud-soudanais Thomas Cirillo Swaka, numéro deux de la division logistique au sein de l'état-major de l’armée du Soudan du sud, annonce, dans un communiqué, avoir créé un mouvement rebelle dénommé Front national du Salut (NAS). Depuis son lieux d'exile, il appelle les Sud-soudanais à "se soulever et à renverser le régime Kiir".

Un influent général sud-soudanais, en exil depuis sa démission de l'armée gouvernementale en février, a annoncé la création d'un nouveau groupe rebelle, dans le but de renverser le président de ce pays en guerre depuis plus de trois ans.

Dans une lettre de démission, le 12 février, le général Thomas Cirillo Swaka, qui était numéro deux de la division logistique au sein de l'état-major, avait accusé le président Salva Kiir de "nettoyage ethnique" et d'avoir transformé peu à peu l'armée gouvernementale en armée "tribale" de l'ethnie dinka, celle du président.

Dans un communiqué parvenu mardi à l'AFP, il a annoncé la création du Front national du Salut (NAS), et appelé les Sud-soudanais à "se soulever et à renverser le régime Kiir".

"Le NAS est convaincu que pour ramener la rectitude et la normalité dans notre pays, Kiir doit partir", a déclaré M. Swaka dans un communiqué, ajoutant que Salva Kiir doit être "renversé par tous les moyens nécessaires".

M. Cirillo est en exil dans un pays qu'il n'a pas révélé. Il est issu de l'ethnie bari, et provient de la région Equatoria (sud), longtemps épargnée par la guerre civile mais qui a été ces six derniers mois le théâtre de violences parmi les pires du conflit.

Mais la réalité du soutien politique et militaire dont dispose M. Swaka, au Soudan du Sud et dans les pays de la région, reste inconnue. La déclaration de 17 pages annonçant sa rébellion n'est signée que par lui-même, soulevant des interrogations sur sa capacité à rassembler assez de soutiens pour défier Salva Kiir.

Alan Boswell, un analyste étudiant le Soudan du Sud, qualifie le communiqué de M. Swaka de "manifeste personnel", et soutient que l'ex-général semblait avoir un plus grand potentiel déstabilisant lorsqu'il était en contact avec des responsables Soudanais et Ethiopiens dans le cadre de ses fonctions.

Le porte-parole de l'armée gouvernementale, Lul Ruai Koang a réagi en affirmant que la rébellion annoncée par l'ex-général est un "autre groupe armé qui ne verra jamais le jour".

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés, malgré le déploiement de quelque 12.000 Casques bleus.

Cette guerre, dans laquelle des atrocités ont été attribuées aux diverses parties au conflit, oppose principalement les troupes du président Kiir aux hommes de l'ancien vice-président Riek Machar, issu de l'ethnie nuer.

M. Swaka n'est pas le seul haut responsable sud-soudanais à avoir démissionné dernièrement. Son départ avait été suivi de ceux du ministre du Travail et du directeur de la justice militaire.

Avec AFP

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