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MSF s'alarme d'une pénurie de médicaments au Soudan du Sud


La porte-parole de MSF Gemma Gillie (J. Dettmer)

La porte-parole de MSF Gemma Gillie (J. Dettmer)

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé mercredi des pénuries de médicaments "essentiels" au Soudan du Sud en guerre et appelé les autorités et la communauté internationale à agir pour éviter "une crise médicale totale".

"En plus d'une situation humanitaire sinistre, une urgence médicale supplémentaire et évitable est en train de se dérouler", a regretté dans une lettre ouverte la présidente internationale de MSF, Joanne Liu.

De mi-2013 à mi-2015, l'approvisionnement en médicaments au Soudan du Sud était principalement assuré par un Fond d'urgence pour les Médicaments (EMF). L'arrêt de ce programme "a mené à des ruptures de stock inacceptables et dévastatrices à travers le pays", a soutenu Mme Liu.

"Les objectifs du programme ont été officiellement transférés au gouvernement, mais il était évident que celui-ci ne serait pas en mesure de remplir cette mission au beau milieu de la crise qui continue de toucher le pays", a-t-elle ajouté.

"Les efforts en vue de prévenir le pire ont été temporaires", a ajouté Joanne Liu, selon laquelle "aucune approche structurelle n'a encore été formulée" malgré des avertissements de MSF auprès de la "communauté humanitaire".

MSF assure par ailleurs dans un communiqué que ce manque de médicaments touche des centres médicaux "même dans les endroits moins touchés par le conflit".

Le Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis juillet 2011 après des décennies de conflit avec Khartoum, a sombré dans la guerre civile en décembre 2013. Plus de 2,3 millions de personnes ont depuis été chassées de chez elles et des dizaines de milliers d'autres tuées.

A cela s'ajoute une crise humanitaire qui empire : selon l'ONU, plus de 2,8 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire d'urgence, soit près d'un quart de la population.

Sur 42 centres médicaux récemment visités par MSF dans et autour d'Aweil, une ville du nord-ouest du pays, 12 étaient fermés "complètement", tandis que 23 centres ont souffert de fermetures temporaires et "envoyaient leurs patients au marché pour acheter leurs médicaments prescrits", selon l'ONG.

"Tout cela a été aggravé par une épidémie de malaria l'année passée", a remarqué Joanne Liu. MSF assure que de nombreux patients se sont tournés vers l'ONG "en raison du manque d'accès à des médicaments au niveau local".

Selon Mme Liu, "une nouvelle saison des pluies approche à grands pas, ce qui promet de nouvelles épidémies et une logistique difficile".

Elle a dès lors appelé "les (pays) donateurs, acteurs et autorités à se rassembler pour éviter une crise médicale totale".

"Si nous ne nous rassemblons pas, cela mettra en danger les vies de milliers de personnes et impactera de manière disproportionnée les plus vulnérables dans ce pays, particulièrement les femmes et les enfants", a-t-elle conclu.

Avec AFP

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