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Mort de 15 migrants en Espagne : la justice prononce un non-lieu


Le navire de guerre britannique "Enterprise" a secouru plus de 650 migrants en mer Mediterranée. (Nicolas Pinault/VOA)

Le navire de guerre britannique "Enterprise" a secouru plus de 650 migrants en mer Mediterranée. (Nicolas Pinault/VOA)

Alors que des gardes-civils espagnols étaient mis en cause dans la mort de 15 migrants en février 2014, la justice a rendu un non-lieu jeudi. Les familles des victimes crient leur douleur.

La justice espagnole a rendu un non-lieu, jeudi 15 octobre, dans l'enquête portant sur la mort d'une quinzaine de migrants qui tentaient d'atteindre l'enclave espagnole de Ceuta, au Maroc, dans laquelle 16 gardes civils espagnols étaient mis en cause.

Après avoir appris cette décision, plusieurs proches des migrants morts "ne pouvaient presque plus parler", a assuré à l'AFP la porte-parole de l'association de défense des migrants Caminando Fronteras, Helena Maleno, ayant joint les familles en Côte d'Ivoire, au Sénégal et au Cameroun.

"Une des mères nous a dit : 'la justice n'est pas la même pour les riches et les blancs et pour nous qui sommes noirs et pauvres. Un des frères a évoqué un manque de respect impressionnant envers la mémoire du mort'", a-t-elle regretté.

Des flash-balls pour repousser les migrants

Le 6 février 2014, un groupe de plus de 200 migrants tentaient de gagner à la nage l'enclave espagnole de Ceuta au Maroc. Les gardes civils avaient alors employé des moyens anti-émeutes, dont des flash-balls, pour les repousser. Seule une vingtaine de personnes avaient finalement atteint Ceuta. Les corps sans vie de 15 migrants avaient été retrouvés les jours suivants, cinq sur les plages espagnoles et dix au Maroc.

Ces morts avaient choqué en Espagne et plusieurs associations de défense des droits des migrants avaient porté plainte.

La justice espagnole a décidé jeudi de "classer de manière provisoire l'enquête ouverte pour blessures et homicide", une décision saluée par l'avocat des policiers.

La juge en charge du dossier a considéré, dans son ordonnance de non-lieu, "qu'aucun indice" ne permettait "d'affirmer que les agents inculpés avaient fait un usage inapproprié de l'équipement anti-émeutes".

Selon la juge, les migrants ont "assumé le risque"

Pour la juge, "les migrants n'étaient pas des personnes en danger en mer qui avaient besoin d'aide selon les termes de la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) et de la convention internationale de 1979 sur la recherche et le sauvetage maritimes".

La magistrate a considéré que les migrants avaient "assumé le risque d'entrer illégalement en territoire espagnol, par la mer, à la nage, en masse et en profitant de la nuit, en portant une grande quantité de vêtements et sans tenir compte des mesures dissuasives".

L'ONG a annoncé que les proches feraient appel. "La seule chose que nous voulons, c'est savoir ce qui s'est passé et que les familles obtiennent la réponse adéquate et au moins respectueuse", a dit Mme Maleno.

Avec AFP

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