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Monsanto durcit son plan d'économies et supprime 1.000 emplois en plus


Le MON810, épi de maïs transgénique créé par la compagnie Monsanto.

Le MON810, épi de maïs transgénique créé par la compagnie Monsanto.

Monsanto, affecté par la chute des ventes des semences transgéniques, a durci mercredi son plan d'économies en supprimant 1.000 emplois supplémentaires pour faire face au plongeon des prix des matières premières agricoles.

Le géant américain, connu notamment pour son herbicide Roundup, va finalement d'ici 2018 réduire de 16% ses effectifs globaux au lieu des 13% (2.600 emplois) prévus initialement début octobre.

Monsanto n'a pas donné de détails sur les régions ni les fonctions qui vont être affectées par la nouvelle cure d'austérité, indiquant simplement que la réduction d'effectifs sera différente d'un pays à un autre.

Le groupe, qui emploie 20.000 personnes, va aussi fermer des sites, déprécier des actifs et mettre fin à certains contrats commerciaux, selon des documents adressés à la SEC, le gendarme de la Bourse.

En tout, cette vaste restructuration devrait lui coûter jusqu'à 1,2 milliard de dollars dont une partie en indemnités de licenciements (510 millions de dollars), contre 900 millions de dollars envisagés précédemment.

Environ 811 millions de dollars ont déjà été inscrits dans les comptes (493 millions de dollars au quatrième trimestre passé et 318 millions au premier trimestre de l'exercice décalé 2015/16, achevé fin novembre). Le solde sera passé dans les comptes d'ici 2018.

- Négociations "difficiles" avec Syngenta -

L'objectif de cette cure d'amaigrissement est d'économiser 500 millions de dollars par an, alors que la baisse des revenus des agriculteurs depuis trois ans affecte la demande pour les outils agricoles, les engrais, les OGM, les pesticides et les désherbants.

Les revenus des acteurs de l'agrochimie en prennent un coup: le chiffre d'affaires de Monsanto a plongé de 23% à 2,22 milliards de dollars au premier trimestre de son exercice décalé 2015/16 achevé fin novembre, principalement en raison d'un recul de 20% des ventes de maïs transgénique, locomotive des profits.

Outre la demande agricole, l'appréciation du dollar face aux devises de pays émergents est devenue un fardeau pour des groupes vendant beaucoup leurs produits aux agriculteurs d'Amérique latine, notamment du Brésil et d'Argentine. Un dollar fort rend chers les produits Monsanto pour ces paysans.

"Les changes sont devenus un véritable casse-tête, aggravé avec les récents événements en Argentine", explique Hugh Grant, le PDG de Monsanto, en référence à la récente levée du contrôle des changes en vigueur à Buenos Aires depuis 2011 pour empêcher une fuite des devises.

Dans ce contexte, Monsanto a averti que son bénéfice par action annuel sera dans le bas de la fourchette de 5,10 à 5,60 dollars livrée début novembre.

A défaut de croissance et en attendant un retournement de la conjoncture, Monsanto et ses concurrents se sont lancés dans une course à la taille.

Ses compatriotes DuPont et Dow Chemical, fleurons de l'industrie américaine, ont ainsi jeté aux orties en décembre leur glorieuse histoire respective pour fusionner et donner naissance à un groupe pesant 130 milliards de dollars en Bourse.

Les grandes manoeuvres vont se poursuivre, estime Hugh Grant. Monsanto est actuellement en discussion avec son rival suisse Syngenta, qui l'a déjà éconduit une première fois malgré 45 milliards de dollars mis sur la table.

"Aucune offre concrète de rachat n'est actuellement sur la table", a déclaré fin décembre Michel Demaré, le président de Syngenta. Les discussions sont "difficiles", a confié son homologue Hugh Grant aux analystes mercredi.

"Le sentiment que nous avions en avril dernier que (ce mariage) est une opportunité importante d'avoir une plateforme intégrée n'a pas beaucoup changé", a-t-il toutefois tempéré. Une fusion Monsato-Syngenta ferait l'objet d'un examen attentif des autorités de la concurrence car ils font partie des six groupes se partageant plus de 80% du marché des produits phytosanitaires en Amérique du nord, et deux des trois détenant 80% de celui des semences de maïs, selon John Klein, analyste chez Barenberg. La partie pourrait d'autant plus se compliquer que le groupe chinois China National Chemical Corp (ChemChina) convoite aussi Syngenta.

Avec AFP

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