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Missions de paix de l'ONU: une ONG exige un contrôle strict des contingents burundais


Rencontre entre Ban Ki-moon et le président burundais Pierre Nkurunziza le 23 février 2016 à Bujumbura. (VOA/Christophe Nkurunziza)

Rencontre entre Ban Ki-moon et le président burundais Pierre Nkurunziza le 23 février 2016 à Bujumbura. (VOA/Christophe Nkurunziza)

L'ONG burundaise Focode de Pacifique Nininahazwe exhorte les Nations unies à écarter des missions de maintien de la paix les soldats et policiers burundais accusés d'être impliqués dans de "graves violations des droits de l'homme".

Une ONG burundaise a demandé à l'ONU de tout mettre en oeuvre pour écarter de ses missions de maintien de la paix les soldats et policiers burundais accusés d'être impliqués dans de "graves violations des droits de l'homme" dans leur pays en crise.

Selon Pacifique Nininahazwe, président de l'ONG Focode et une des principales figures de la contestation contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, le gouvernement burundais récompenserait les militaires et policiers les plus actifs dans la répression des opposants en les affectant "dans des missions de maintien de la paix dont les salaires sont au moins cinq fois plus élevés que (leurs) soldes".

Le Focode, dans un texte parvenu mercredi à l'AFP, demande donc à l'ONU de soumettre les Burundais participant à ces missions à un contrôle strict par le Haut commissariat de l'ONU au droits de l'Homme ou encore de rapatrier ceux qui, déjà déployés, sont soupçonnés d'être liés à ces violations.

L'ONG a "salué" le récent rapatriement de quatre officiers burundais déployés en Centrafrique et qui ont été "cités dans de telles violations au Burundi".

Depuis le début de la contestation, "un nombre important de policiers et militaires ont été impliqués dans des violations graves des droits de l'Homme", affirme l'ONG, énumérant "des tirs à balles réelles sur des manifestants, des disparitions forcées, des tortures, des exécutions extrajudiciaires, des attaques de radios et d'un hôpital, des viols".

La candidature fin avril 2015 de M. Nkurunziza - réélu en juillet - à un troisième mandat, que ses adversaires jugent contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006), a plongé le Burundi dans une grave crise émaillée de violences.

Ces violences, désormais armées, ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 240.000 personnes à quitter le pays. Des ONG des droits de l'Homme ont dénoncé l'existence de fosses communes et exigé une enquête internationale, rejetée par Bujumbura.

Le Burundi, pays classé parmi les plus pauvres du monde, est aujourd'hui l'un des premiers contributeurs de troupes des missions de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine (UA) en Afrique, avec plus de 7.000 soldats et policiers déployés en Somalie, en République centrafricaine ou au Soudan.

Selon plusieurs ONG, l'argent issu de ces missions servirait également à financer la répression dans ce pays dont l'économie est en crise.

Avec AFP

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