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Les gardes-côtes libyens entrent dans la bataille contre les ONG


Des migrants détenus à la base Abosetta à Tripoli, Libye, 10 mai 2017.

Un incident entre des gardes-côtes libyens et un navire humanitaire allemand mercredi au large de la Libye illustre les tensions croissantes dans la zone, alors que l'Union européenne pousse pour limiter au maximum les départs.

Mercredi matin, les gardes-côtes libyens et l'ONG allemande Sea-Watch se sont disputé une grosse barque en bois avec plus de 450 migrants à bord à 19 milles nautiques au large de Sabratha (ouest), affirmant chacun être arrivés les premiers.

L'ONG a diffusé des images où l'on voit la vedette des gardes-côtes couper la trajectoire de son bateau, évitant de très peu une collision, en dénonçant une manoeuvre "extrêmement dangereuse".

"C'est le bateau de l'ONG qui a changé sa direction pour nous couper la trajectoire et nous empêcher d'atteindre les migrants", a rétorqué à l'AFP le colonel Abou Ajila Abdelbari, commandant de la patrouille des gardes-côtes impliquée dans l'incident.

Les migrants ont été transférés à bord du navire des gardes-côtes et conduits sur la base navale de Tripoli, d'où ils ont été acheminés vers des centres de rétention.

Sea-Watch, qui se charge de repérer et sécuriser les embarcations de fortune en attendant un plus gros navire de secours, n'avait pas les moyens de les prendre tous à bord, a fait valoir à l'AFP le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine libyenne.

Mais depuis plusieurs années, ce sont les gardes-côtes italiens qui coordonnent les secours dans les eaux internationales, au-delà de 12 milles nautiques de la Libye... et leur transfert en Italie.

Pour les ONG de secours en mer mais aussi les défenseurs des droits de l'Homme, le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et même le gouvernement allemand, les migrants ne doivent pas être reconduits en Libye, où ils subissent extorsions, violences, viols, tortures et meurtres.

Tout comme Sea-Watch, plusieurs ONG de secours en mer ont vivement réagi jeudi, dénonçant les pressions européennes, qui ont récemment formé une centaine de gardes-côtes libyens et sont en train de leur fournir une dizaine de vedettes pour tenter de ralentir le flux des migrants.

Avec AFP

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