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Migrants : la Norvège diminue ses aides financières


Arrivés de Russie, des migrants entrent en Norvège à vélo pour se conformer à une loi russe interdisant la traversée de la zone frontalière à pied.

Arrivés de Russie, des migrants entrent en Norvège à vélo pour se conformer à une loi russe interdisant la traversée de la zone frontalière à pied.

La Norvège a annoncé qu'elle devrait puiser dans son fonds souverain et réduire ses aides financières aux migrants entre autres mesures visant à faire face aux surcoûts liés à "un afflux record" de demandeurs d'asile.

Tablant sur 33.000 nouveaux demandeurs d'asile en 2016, un nombre environ trois fois supérieur à celui de ces dernières années, le gouvernement a chiffré à 9,5 milliards de couronnes (un milliard d'euros) le surcoût lié à ce flux migratoire par rapport à ce que prévoyait le projet de budget présenté le 7 octobre.

"La situation à laquelle nous sommes confrontés est difficile et va exiger beaucoup de nous d'un point de vue pratique et économique", a déclaré le Premier ministre, Erna Solberg, à l'occasion de la présentation d'un correctif budgétaire.

Ce pays de 5,2 millions d'habitants, qui n'est pas membre de l'UE mais qui appartient à l'espace Schengen, s'est par ailleurs dit prêt à accueillir 1.500 migrants se trouvant actuellement en Italie et en Grèce dans le cadre de la politique de redistribution que l'Europe peine à mettre en place.

Pour financer ces surcoûts, le gouvernement de droite -qui comprend le parti du Progrès, formation populiste hostile à l'immigration- propose de puiser 1,2 milliard de couronnes (plus de 120 millions d'euros) dans son fonds de pension public. Celui-ci, plus gros fonds souverain du monde, pesait 7.360 milliards de couronnes (plus de 700 millions d'euros) vendredi.

Le projet de budget 2016 prévoyait déjà, pour la première fois, une ponction de 3,7 milliards (moins de 400 millions d'euros) dans ce colossal bas de laine qui est alimenté par la plupart des revenus pétroliers publics. Recul du cours du baril oblige, ces derniers sont devenus insuffisants pour couvrir les besoins budgétaires.

Le gouvernement prévoit aussi de réorienter vers l'accueil des réfugiés une partie - 4,2 milliards (400 millions d'euros) - de son budget d'aide au développement, qui devrait être de 34,8 milliards (3,5 milliards d'euros) l'an prochain.

Une telle mesure est autorisée par les règles de l'OCDE mais est critiquée par des ONG et une partie de l'opposition qui redoutent qu'elle ne contribue in fine à accroître le flux de migrants.

"Le plus gros des économies consiste à prendre aux plus pauvres et aux personnes en fuite", a déploré le chef du parti chrétien-démocrate, Knut Arild Hareide, promettant des négociations "extrêmement compliquées" au Parlement où le gouvernement, minoritaire, doit obtenir des appuis extérieurs.

Les 4,1 autres milliards (moins de 400 millions d'euros) devraient être financés par un report de certaines baisses d'impôts prévues et par des économies telles qu'une baisse, également critiquée, de 20% des aides financières versées aux réfugiés (-10% pour les mineurs), une réduction des heures d'enseignement du norvégien et un renvoi plus rapide des demandeurs d'asile déboutés.

Avec AFP

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