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Michel Sidibé : "Washington marquera le début de la fin de l'épidémie de SIDA "


Michel Sidibé lors d'un panel sur le VIH, Washington, DC, Juillet 2012

Michel Sidibé lors d'un panel sur le VIH, Washington, DC, Juillet 2012

Alors que s'ouvre la conférence internationale de lutte contre le SIDA dans la capitale américaine, le directeur exécutif de l'ONUSIDA a accordé une interview à la VOA.

Alors que s'ouvre la XIXe Conférence internationale de lutte contre le SIDA, on l'a l'impression que cette réunion marque un tournant vis-à-vis de l'épidémie. Est-ce votre avis ?

Michel Sidibé: "C’est une nouvelle ère. Aujourd’hui, nous avons la preuve que nous pouvons réduire de 96 % les nouvelles infections. Durant les quatre dernières années, plus de quatre-vingt pays ont augmenté de 50 % leurs contributions à la lutte contre le SIDA. On voit aussi clairement les résultats. Plus de huit millions de personnes sont sous traitement. Pour moi, c’est un tournant historique. Washington devrait être pour nous, le début de la fin de l’épidémie. "

On commence même a parlé de guérison possible voire de vaccin.

Michel Sidibé: "Oui, on en a longtemps parlé mais là c’est possible car il y a certains essais cliniques encourageants. Il faut donc continuer à mobiliser les ressources."

Est-ce que la fracture entre pays riches et pays pauvres se réduit aujourd’hui concernant la lutte contre le SIDA ?

Michel Sidibé: "Il ressort de notre rapport que, pour la première fois, les pays en développement contribuent plus que les pays développés dans la lutte contre le SIDA. Sur les 16 milliards de dollars mobilisés, plus de la moitié des fonds viennent de ces pays. Un pays comme l’Afrique du Sud, qui était encore absent l’année dernière, finance désormais à plus de 80 % sa lutte contre le SIDA."

La crise économique a-t-elle joue un rôle dans cette baisse des financements ?

Michel Sidibé: "Il y a une baisse. Pour 2015, on prévoit un déficit de 7 milliards de dollars. Cela vient à un mauvais moment. Il y a des résultats, de l’espoir. Aujourd’hui, on pense pouvoir éliminer la transmission de la mère à l’enfant. Je crois que les pays développés devraient poursuivre cet effort. En fait, il y a une absence de voix politique forte comme a pu l’être le président Chirac. A l’époque, il a fait un plaidoyer très fort pour dire qu’il était inacceptable que les médicaments soient au Nord et les malades soient au Sud. Aujourd’hui, on a besoin de cette voix politique. "

Ecoutez l'entretien avec Nicolas Pinault


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