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Mexique : le baron de la drogue "El Chapo" s’échappe d’une prison de haute sécurité


Joaquin "El Chapo" Guzman, en menottes dans les mains de la marine mexicaine le 22 février 2014, Mexico City, Mexique.

Joaquin "El Chapo" Guzman, en menottes dans les mains de la marine mexicaine le 22 février 2014, Mexico City, Mexique.

Pour le puissant chef du cartel de Sinaloa, il s'agit de la deuxième évasion réussie d'une prison de haute sécurité en 14 ans.

Les recherches se poursuivaient lundi matin pour tenter de retrouver le baron mexicain de la drogue Joaquin "El Chapo" Guzman après son évasion d'une prison de haute sécurité grâce à un tunnel, un coup dur porté au président Enrique Pena Nieto.

Une vaste chasse à l'homme a été lancée dès sa disparition samedi soir de la prison d'Altiplano, à 90 kilomètres à l'ouest de la capitale, mais pour l'heure le vaste dispositif militaire et policier n'a pas permis de retrouver le fugitif.

Des enquêteurs ont interrogé une trentaine de fonctionnaires travaillant dans la prison à la recherche d'éventuelles complicités internes.

Pour le puissant chef du cartel de Sinaloa, il s'agit de la deuxième évasion réussie d'une prison de haute sécurité en 14 ans.

Samedi soir, après avoir constaté sa disparition sur les écrans de surveillance, les gardiens se sont rendus dans sa cellule. Ils ont découvert, sous la douche, un trou et une échelle conduisant à un tunnel de plus de 1.500 mètres de long, débouchant sur une demeure en construction au milieu d'un champ. Le tunnel était équipé d'un système de ventilation et une moto installée sur des rails servait à extraire la terre et acheminer du matériel, a indiqué le responsable de la sécurité nationale Monte Alejandro Rubido.

Les autorités ont diffusé une vidéo dans laquelle on distingue l'extrémité du tunnel située à l'intérieur de cette construction rudimentaire, où l'on aperçoit aussi un lit et une cuisine, laissant à penser qu'une personne vivait là.

"El Chapo", diminutif de "chaparro" ("courtaud"), allusion à sa taille de 1,64 mètre, s'était déjà évadé d'une prison de haute sécurité en 2001, caché dans un panier à linge sale.

"S'il n'est pas capturé dans les 48 heures, il va pouvoir reprendre le contrôle total du cartel de Sinaloa", a indiqué à l'AFP Mike Vigil, ancien chef des opérations internationales au sein de l'agence anti-drogues (DEA) aux Etats-Unis.

Selon l'expert, il sera très difficile de le retrouver s'il atteint l'Etat de Sinaloa, sa région natale, "et qu'il s'enfonce dans les montagnes", d'autant qu'"il bénéficie là-bas de la protection des villageois".

Le président mexicain Enrique Pena Nieto s'est dit "profondément consterné" dimanche par l'évasion de ce baron de la drogue et l'"affront à l'Etat" que cela représente.

"C'est un fait très regrettable qui a indigné et indigne la société mexicaine", a-t-il déclaré depuis l'ambassade du Mexique à Paris avant de débuter lundi une visite d'Etat de quatre jours en France.

Cette nouvelle évasion spectaculaire terni donc l'image d'un président qui avait pourtant accumulé plusieurs succès notables contre les chefs de cartel en moins de trois ans.

Pour réaliser ce coup d'éclat, "El Chapo" a sûrement bénéficié "de très larges complicités internes et externes", a indiqué Raul Benitez Manaut, expert en sécurité au sein de l'Université autonome de Mexico (UNAM). (Avec AFP).

La ministre américaine de la Justice Loretta Lynch s'est dite "préoccupée" et a proposé "toute assistance qui pourrait aider à sa rapide capture".

Le cartel de Sinaloa a mené une guerre féroce contre les forces armées et contre les cartels rivaux, dont celui des Zetas, pour le contrôle du trafic de cocaïne vers les Etats-Unis.

Depuis 2006, plus de 80.000 personnes ont été tuées au Mexique dans les violences liées au trafic de drogue.

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