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Le meurtre du policier près de Paris est considéré comme un "acte terroriste" par François Hollande


Une voiture de police sur la scène du meurtre à Magnanville, France, June 14, 2016.

Une voiture de police sur la scène du meurtre à Magnanville, France, June 14, 2016.

Une revendication du groupe Etat islamique, un passé dans une filière jihadiste: la France a été la cible d'un nouvel acte "terroriste" avec le meurtre d'un policier et de sa compagne près de Paris, en plein Euro de football.

L'agression du couple par un homme fiché pour radicalisation, qui s'est réclamé de l'EI, constitue "un acte incontestablement terroriste", a dénoncé le président François Hollande, à l'issue d'une réunion d'urgence à l'Elysée.

Moins de deux jours après la tuerie d'Orlando (Etats-Unis) qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay, également revendiquée par l'EI, cette attaque est la première agression meurtrière revendiquée par l'organisation jihadiste en France depuis les attentats de novembre à Paris.

Son auteur, Larossi Abballa, 25 ans, a été abattu dans un assaut des policiers d'élite du Raid sur le domicile des victimes, où il s'était retranché.

Deux personnes, des "relations" de Larossi Abballa, ont été placée en garde à vue mardi matin, a-t-on appris de source policière.

Le jeune homme avait été condamné en 2013 pour participation à une filière qui souhaitait envoyer de jeunes volontaires pour le jihad armé au Pakistan, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Originaire de Mantes-la-Jolie, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris, il avait été condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". Il avait été immédiatement libéré ayant effectué deux ans et quatre mois de détention préventive.

Plus récemment, il a été impliqué dans une enquête sur une filière jihadiste syrienne, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Ce lien connu avec le jihadisme a été épinglé par l'ancien Premier ministre François Fillon, candidat à la primaire de la droite pour présidentielle de 2017. "Les condamnés pour terrorisme doivent faire de la prison ferme, sans aucun sursis ou mise à l'épreuve !", a-t-il jugé.

Leur fils de 3 ans choqué mais indemne

Lundi, vers 19H00 GMT, Larossi Abballa a tué à coups de couteau un policier habillé en civil, avant de se retrancher au domicile de sa victime dans un quartier pavillonnaire de Magnanville, en région parisienne.

Après l'assaut, les policiers ont découvert dans la maison le corps sans vie de la compagne du policier "avec une plaie au cou" et retrouvé le fils du couple, âgé de trois ans, "choqué et indemne".

Quelques heures après, l'agence Amaq liée au groupe jihadiste a affirmé qu'un "combattant de l'Etat islamique" (EI) avait tué le couple.

Selon des sources policières, l'homme "s'est revendiqué du groupe jihadiste" durant les négociations avec le Raid. Des témoins ont rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah akbar" en attaquant le policier.

Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête et des perquisitions ont commencé tôt mardi matin.

Le policier tué était un commandant de police de 42 ans, en poste aux Mureaux, une cité sensible à 40 kilomètres à l'ouest de Paris. Sa compagne était secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a rencontré mardi matin les collègues "traumatisés" des victimes au commissariat des Mureaux et a promis de "mettre hors d'état de nuire d'éventuels complices".

Sept policiers ont perdu la vie ces quatre dernières années dans des attaques islamiste en France, mais c'est la première fois que l'un d'eux est frappé à son domicile, avec un membre de sa famille.

"Tous les policiers sont sous le choc, c'est un drame qui n'était jamais arrivé en France", a relevé un responsable syndical, Yves Lefebvre.

Depuis les attentats parisiens du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, la France est en état d'urgence et d'importants dispositifs de sécurité militaire et policier ont été mis en place.

En novembre 2015, le service de presse de l'Etat islamique dans la province d'Al-Raqqa avait diffusé une vidéo, dans laquelle des combattants francophones de l'EI menaçaient les Français de nouvelles attaques contre leurs "maisons".

L'attaque a été condamnée "de la façon la plus ferme" par le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. Elle "nous montre, peu après l'attentat effroyable d'Orlando, à quelles conséquences meurtrières conduisent la haine aveugle envers les autres et l'idéologie extrémiste", a-til souligné.

Avec AFP

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