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Mer de Chine : pour Pékin, l'arbitrage est un "papier bon à jeter"


Réactions à Manille, aux Philippines, après la décision de la CPA, le 12 juillet 2016. (AP Photo/Bullit Marquez)

Réactions à Manille, aux Philippines, après la décision de la CPA, le 12 juillet 2016. (AP Photo/Bullit Marquez)

La Chine a fermement critiqué mercredi une décision d'arbitrage désavouant Pékin sur ses revendications en mer de Chine méridionale, la jugeant comme un "papier bon à jeter", tout en appelant les Philippines à "revenir à la table des négociations".

Pékin estime que la quasi-totalité de cette mer -- un carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial --, relève de sa souveraineté, au grand dam d'autres pays riverains aux prétentions rivales: Philippines, Vietnam, Malaisie, et Brunei.

Pour appuyer ses prétentions, la Chine y a mené d'énormes travaux de remblaiement, construisant des îles artificielles et des pistes d'atterrissage.

Dans sa décision annoncée mardi, la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye a jugé que Pékin "a violé les droits souverains des Philippines", que des navires chinois ont commis des "actes illicites" et que certaines zones revendiquées par Pékin "sont comprises" dans les eaux philippines.

La sentence d'arbitrage est "un papier bon à jeter" à la poubelle, a estimé mercredi le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Liu Zhenmin.

Pékin avait boycotté les audiences de la CPA, estimant la cour non compétente sur cette affaire.

La décision est "inefficace et injuste" et "est utilisée pour nier les droits et intérêts de la Chine", a jugé M. Liu lors d'une conférence de presse.

Le ministre s'est par ailleurs interrogé sur la neutralité de la cour, soulignant que les cinq arbitres chargés de l'arbitrage étaient tous basés en Europe et n'étaient donc, selon lui, pas représentatifs des pays concernés par l'affaire.

Liu Zhenmin a également pris pour cible Shunji Yanai, le juge japonais ayant désigné quatre des cinq arbitres, soulignant ses liens avec le courant nationaliste au Japon, alors que Pékin entretient un vif contentieux maritime avec Tokyo sur des îles (les Diaoyu/Senkaku) en mer de Chine orientale.

Cette sentence de la CPA "ne peut constituer une base pour réduire les divergences", a déclaré Liu Zhenmin, déplorant que l'arbitrage ait "accru les tensions dans la région".

Les autres pays "ne doivent pas faire de la mer de Chine méridionale un lieu ferment de guerre", a ajouté M. Liu, interrogé sur l'éventualité d'un renforcement de la présence militaire de Pékin dans la région.

"Revenir à la table des négociations est le seul moyen de réduire les divergences et de régler les différends", a salué Liu Zhenmin.

Le nouveau président philippin, Rodrigo Duterte, a déclaré vouloir apaiser les tensions.

Avec AFP

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