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Un millier d'étrangers chassés de chez eux à Mayotte


Un bateau arrive à Dzaoudzi sur l'île de Mayotte, dans l'océan Indien, 31 mars 2012.

Un bateau arrive à Dzaoudzi sur l'île de Mayotte, dans l'océan Indien, 31 mars 2012.

Les premières expulsions, annoncées à l'avance, ont eu lieu dans le sud de l'île, mais d'autres opérations sont prévues dans le nord. A chaque fois, d'importants dispositifs de gendarmerie sont mis en place pour contenir d'éventuels débordements.

Un millier d'étrangers, pour la plupart des Comoriens en situation régulière, ont été expulsés depuis janvier de leur domicile par des collectifs d'habitants de l'île française de Mayotte, qui les accusent de "vols, agressions et meurtres".

Ces chiffres ont été communiqués mercredi à l'AFP par l'antenne mahoraise de la Cimade, association nationale de défense des droits des étrangers.

Les premières expulsions, annoncées à l'avance, ont eu lieu dans le sud de l'île, mais d'autres opérations sont prévues dans le nord. A chaque fois, d'importants dispositifs de gendarmerie sont mis en place pour contenir d'éventuels débordements.

Le modus operandi est toujours le même: des résidents d'une commune, rassemblés en collectif, diffusent des tracts annonçant les expulsions à venir et appelant à des actions "contre l'immigration clandestine" ou contre les "étrangers", que les collectifs accusent de "vols, agressions et meurtres au quotidien", d'occupation illégale des terrains, et d'être responsables des "écoles surchargées" et du "système de santé débordé" de l'île.

Mayotte, qui compte 40% d'étrangers, connaît une forte pression migratoire des îles voisines des Comores, ce qui contribue aux tensions communautaires. Les autorités françaises ont reconduit à la frontière plus de 18.000 personnes en 2015. En outre, l'immigration clandestine a un impact sur le système de santé et les écoles de Mayotte, complètement saturés.

Parmi les expulsés figurent des clandestins, mais également des étrangers en situation régulière.

Plus de 500 "expulsés" se sont réfugiés place de la République à Mamoudzou (chef-lieu de Mayotte), où ils sont pris en charge par des associations mahoraises ainsi que par la Cimade et la Croix-Rouge, qui tentent de les reloger et de rescolariser les enfants.

Des habitants viennent leur apporter nourriture, médicaments et soutien. Le recensement étant en cours, la proportion de personnes en situation irrégulière parmi les "décasés" de la place de la République n'est pas encore connue.

Dans un communiqué publié mardi soir, les ministères français de l'Intérieur et des Outre-mer ont condamné "les violences commises" et rappelé que les individus impliqués auront à rendre des comptes à la justice.

Située à 8.000 kilomètres de Paris, Mayotte est la seule île de l'archipel des Comores dans l'Océan indien qui, au moment du référendum d'indépendance en 1975, a décidé de rester dans le giron de la France, l'ancienne puissance coloniale.

De nombreux Comoriens tentent de rejoindre Mayotte pour y travailler, le PIB s'élevant à 7.900 euros par personne sur l'île française, contre 725 euros aux Comores.

Avec AFP

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