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Un colonel mauritanien à la retraite inculpé pour avoir condamné la pendaison de 28 soldats négro-mauritaniens


Drapeau mauritanien

Drapeau mauritanien

Oumar Ould Beibacar a, selon son avocat, été inculpé d'"incitation à la haine" pour avoir déclaré que l’anniversaire de l'indépendance, le 28 novembre, était "terni" par la pendaison, 25 ans auparavant, de 28 soldats négro-mauritaniens.

"M. Ould Beibacar a été arrêté le 28 novembre après une conférence sur ce drame. Il a été inculpé et mis sous contrôle judiciaire pour +incitation à la haine ethnique et raciale+ et +incitation à l'atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat+", a précisé à l'AFP son avocat, Me Brahim Ould Ebetty.

"C'est une reculade très forte des libertés dans notre pays, mais néanmoins je suis content que le parquet et le juge d'instruction du pôle antiterroriste aient compris que, malgré la gravité des chefs d'inculpation, on ne peut envoyer quelqu'un en prison pour ses opinions" a-t-il affirmé, se félicitant de la remise en liberté de son client.

M. Ould Beibacar avait été interpellé au sortir d'une conférence qu'il donnait au siège d'un parti d'opposition, l'Alliance pour la justice et la démocratie (AJD/MR) sur le thème "Inal-a-t-il définitivement entaché le 28 novembre?", en référence à la pendaison dans cette localité du nord du pays de 28 militaires négro-africains.

Accusés de tentative de coup d'Etat sous le président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), ils avaient été exécutés le 28 novembre 1990, jour du trentième anniversaire de l'indépendance, lors d'une période de fortes violences communautaires.

Le colonel à la retraite avait également fait le même jour une déclaration sur la radio RFI dans laquelle il estimait que le drapeau mauritanien était "entaché de sang" et que l'organisation des défilés militaires dans la région, non loin d'Inal "constituait un défi" aux proches des victimes.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme avaient également dénoncé ces exécutions, réclamant justice et réparation.

Interrogé sur ce sujet au cours d'une conférence de presse le 28 novembre, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a affirmé que "l'évocation de la question, après les solutions trouvées avec les ayants-droits, n'est qu'une manière d'inciter à la haine et à la division entre les citoyens de ce pays".

Il a rappelé avoir organisé en 2009 "une prière à Kaédi (sud) à la mémoire des victimes" et que des "réparations matérielles ont été accordées à leurs ayants-droits, suivant leurs propres propositions".

Avec AFP

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