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Massacre en RDC : Paris et Washington préoccupés


Un groupe de femmes regardent les équipes de secours qui ramassent des corps après un accident de train à Kananga, Kasaï occidental, 4 août 2007.
Un groupe de femmes regardent les équipes de secours qui ramassent des corps après un accident de train à Kananga, Kasaï occidental, 4 août 2007.

La France a demandé lundi au gouvernement de la République démocratique du Congo de faire "au plus vite la lumière" sur une vidéo mettant en cause l'armée congolaise dans un massacre de civils dans une province théâtre d'une rébellion, tandis que Washington se dit préoccupé par la situation.

"Nous exhortons les autorités congolaises à faire au plus vite la lumière sur ces agissements inacceptables et à identifier les responsables, qui devront répondre de leurs actes", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, dans un communiqué.

La France "condamne les violences meurtrières" dans cette région et appelle les autorités et l'armée congolaises à "assumer leur responsabilité première de protection des populations civiles, dans le plein respect des droits de l'homme", poursuit le porte-parole.

Washington préoccupé

Le secrétaire d'État américain a exprimé sa profonde préoccupation à l'égard d'une vidéo montrant les forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) menant des exécutions sommaires de civils dans le pays.

Dans une déclaration du porte-parole, M. Mark Toner, Washington a déclaré que l'incident pourrait constituer des violations flagrantes des droits de l'homme.

"Les États-Unis sont profondément préoccupés par la vidéo qui semble montrer des éléments des forces armées de la République démocratique du Congo exécutant sommairement des civils, y compris des femmes et des enfants".

"Ces exécutions extrajudiciaires, si elles sont confirmées, constitueraient des violations flagrantes des droits de l'homme et menaceraient d'inciter à la violence et à l'instabilité généralisées dans un pays déjà fragile", a-t-il poursuivi.

"Nous demandons au gouvernement de la République démocratique du Congo de lancer une enquête immédiate et approfondie en collaboration avec les organisations internationales chargées du suivi des droits de l'homme", a-t-il conclu.

Réponse de Mende

"La charge de la preuve revient à ceux qui accusent. Si quelqu'un a des preuves de ces accusations, qu'il nous les apporte : nous les examinerons", a répondu le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, interrogé par l'AFP.

"Nous n'avons que les deux (soldats poursuivis pour violation de consigne au Kasaï) pour lesquels nous n'entendons pas mener des enquêtes telles que souhaitées par les Américains" et la France, a-t-il ajouté.

Vidéo polémique

La vidéo, diffusée sur internet, montre "des membres présumés des forces armées de la République démocratique du Congo se livrant à des exécutions extrajudiciaires contre la population civile, y compris des femmes et des enfants, dans la région du Kasaï", au centre du pays, relève-t-il.

Samedi, après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo non authentifiée mettant en cause l'armée dans un massacre de civils au Kasaï, le gouvernement congolais avait qualifié de "montage" ce film tourné selon un plan-séquence unique avant de reconnaître que des soldats congolais avaient pu commettre des "excès" en réprimant la rébellion Kamwina Nsapu, qui déstabilise le sud de la province du Kasaï central depuis septembre 2016.

A en juger par sa qualité, cette vidéo semble avoir été tournée à l'aide d'un téléphone portable par un membre d'une unité militaire de huit soldats en treillis parlant lingala (la langue officielle de l'armée congolaise) et swahili (langue parlée dans l'Est du Congo).

Elle montre le petit détachement marcher sur un chemin vers un groupe de personnes à quelques dizaines de mètres chantant en tshiluba (langue parlée au Kasaï) "Notre terre, notre terre".

Puis un ordre : "Avancez ! tirez !". Le peloton ouvre alors un feu nourri, puis les militaires s'avancent et achèvent plusieurs personnes gisant au sol, parmi lesquelles trois femmes.

La vidéo montre pas moins de vingt cadavres.

Le Kasaï est le théâtre depuis septembre 2016 d'une rébellion provoquée par un conflit entre le pouvoir central et un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, tué en août lors d'une opération militaire.

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