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Manifestation au Maroc pour réclamer une enquête sur l'immolation d'une femme


Les manifestants tiennent une bannière et le drapeau marocain lors d'un rassemblement à Rabat , au Maroc , le 13 Mars , 2016

Les manifestants tiennent une bannière et le drapeau marocain lors d'un rassemblement à Rabat , au Maroc , le 13 Mars , 2016

Des marchands ambulants ont manifesté près de Rabat pour réclamer l'ouverture d'une enquête sur la mort d'une femme qui s'est immolée par le feu pour protester contre la saisie de sa marchandise par les autorités locales.

Des dizaines de vendeurs se sont rassemblés à Kénitra, à une cinquantaine de km au nord de Rabat, dans le quartier où vivait la femme décédée, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Brandissant des portraits de la femme avant et après l'immolation, ils ont réclamé l'ouverture d'une enquête et la punition des responsables.

Agée de 42 ans, cette femme était une vendeuse ambulante qui faisait vivre sa fille et elle-même. Un responsable du ministère de l'Intérieur à Kénitra avait saisi sa marchandise le 9 avril, selon la presse locale.

La femme avait demandé en vain de récupérer sa marchandise, sa seule source de subsistance. Elle s'est alors immolée et est décédée à l'hôpital deux jours plus tard.

En février, un marchand ambulant avait tenté de s'immoler par le feu dans un tribunal d'Agadir (sud) pour protester contre une décision de justice de ne pas donner suite à une plainte qu'il avait déposée, avaient indiqué des médias locaux.

L'homme avait souffert de blessures graves, selon le site électronique Machahid.

Le geste de ces vendeurs rappelle celui du Tunisien Mohamed Bouazizi dont l'immolation avait donné le coup d'envoi de la révolte contre le régime de Zine el Abidine Ben Ali fin 2010.

En 2013, un vendeur ambulant de Marrakech était décédé après s'être immolé par le feu pour protester contre la confiscation de sa marchandise. L'immolation est devenue ces dernières années, notamment en Afrique du nord, l'expression d'une colère impuissante et le symbole d'une jeunesse en mal d'avenir.

Selon la Banque mondiale, près d'un jeune Marocain sur trois est au chômage.

Avec AFP

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