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Le Maroc dit respecter le droit international après la saisie d'un cargo de phosphates


Un petrolier dans le port de Gladstone en Australie

Le Maroc a réaffirmé que son exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental se faisait "dans le cadre du droit international", en réaction à l'arraisonnement d'un cargo de phosphates en Afrique du Sud.

Parti de Laâyoune (au Sahara occidental sous contrôle marocain), un cargo chargé de phosphates à destination de la Nouvelle-Zélande a été bloqué lundi lors d'une escale en Afrique du Sud sur décision d'un tribunal local, suite à une plainte des indépendantistes du Sahara occidental.

L'avocat des indépendantistes, Andre Bowley, a expliqué que la requête avait été déposée par "le Front Polisario et la République arabe sahraouie démocratique pour demander le retour des phosphates transportés en contravention des principes internationaux".

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est disputé par le Maroc, qui en contrôle la majeure partie depuis 1975, et le Front Polisario. Le Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination alors que Rabat propose une autonomie sous souveraineté marocaine.

Fin 2016, la justice européenne avait estimé que l'accord de libre-échange de produits agricoles et de la pêche entre l'Union européenne et le Maroc ne concernait pas le Sahara occidental.

Cette décision avait ouvert la voie à de nombreux recours contre le Maroc de la part du Polisario qui entend s'en servir comme jurisprudence.

"Les ressources naturelles du Sahara marocain sont exploitées dans le cadre du droit international et des dispositions de la souveraineté nationale", a affirmé, jeudi soir à Rabat le porte-parole du gouvernement marocain Mustapha El Khalfi, cité par l'agence officielle MAP.

"Les bénéfices tirés par le Maroc de l'exploitation de ces ressources naturelles sont marginaux par rapport aux politiques publiques menées par le royaume dans les provinces du sud (Sahara occidental, ndlr)", a-t-il poursuivi.

Détenu à 95% par l'Etat marocain, l'Office chérifien des phosphates (OCP), est l'un des leaders mondiaux du secteur.

L'exploitation des phosphates et de ses dérivés, notamment les engrais, est un secteur clé de l'économie: il représente près du quart des exportations du pays et approximativement 3,5% du PIB, et emploie plus de 20.000 personnes.

Si sa principale unité de production se trouve à Khouribga (centre), l'OCP exploite également un site près de Laâyoune, via sa filiale Phosboucraa.

"Nous sommes confiants et sereins puisque Phosboucraa agit dans le strict respect du droit international et conformément aux dispositions des Nations unies", a déclaré à la presse locale un responsable de l'OCP.

Avec AFP

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