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Manifestations à Nouakchott contre une profanation présumée du Coran


Manifestations à Nouakchott, la capitale mauritanienne, à la suite d’une profanation présumée du Coran dans une mosquée

Manifestations à Nouakchott, la capitale mauritanienne, à la suite d’une profanation présumée du Coran dans une mosquée

La situation restait très tendue lundi dans la capitale mauritanienne, après la mort d’au moins une personne lors de ces protestations.

En Mauritanie, un étudiant de 21 ans a été tué lundi lors de manifestations de colère dans la capitale. Selon divers recoupements, les protestations ont été déclenchées dans la nuit par une profanation présumée du Coran dans une mosquée de Teyarett, un quartier situé dans le nord de Nouakchott. Les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur toute l’affaire. Ecoutez Moussa Ould Hamed, du journal «Biladi» au micro de Jacques Aristide:


Plusieurs personnes ont été blessées et d’autres arrêtées alors que les forces de l’ordre tentaient d’empêcher les manifestants de se diriger vers la présidence de la République dans le centre-ville.
Le ministre de l’Information qui est le porte-parole du gouvernement, et le ministre des Affaires islamiques ont réagi à la télévision.

«Entre l’avant et dernière prière dimanche soir, quatre individus sont passés dans une mosquée de Nouakchott. Ils ont profané, ils ont déchiré quatre exemplaires du Coran avant de prendre la fuite. Depuis hier soir, les gens ont commencé à se regrouper jusqu’à tard dans la nuit. Ils ont voulu aller à la présidence. Ils ont été empêchés par la police qui a même fait usage de gaz lacrymogène», a témoigné Moussa Ould Hamed, directeur de publication du journal mauritanien «Biladi».

Les quatre personnes portaient toutes des turbans et ne pouvaient pas être identifiées, d’après des témoins sur place cités par les agences de presse.

Nouakchott réagit

«Le ministre de l’Information qui est le porte-parole du gouvernement, et le ministre des Affaires islamiques ont réagi à la télévision. Ils disent que cela a été exploité par les politiques, par des gens qui sont animés par d’autres ambitions. C’est une réaction un peu inédite dans la mesure où on a eu l’habitude [de voir] le Président lui-même réagir en premier. Cette fois-ci, il s’est privé de ces bains de foule. […] Mais jusqu'à présent, personne au niveau du pouvoir n’a condamné cela. Ils disent qu’il faut encore attendre l’enquête pour voir ce qu’elle va apporter, ce que le pouvoir n’a jamais fait dans les événements passés», a encore commenté le directeur de «Biladi».

Selon le journaliste, toutes les écoles et échoppes de la capitale ont été fermées lundi, alors que les manifestations se poursuivaient.

«Malheureusement, il y a eu déjà un mort et plusieurs blessés. La situation à Nouakchott restait très tendue dans la mesure où l’on ne sait même pas de quoi il s’agit. Tout cela arrive après une série un peu noire pour les musulmans», a renchéri Moussa Ould Hamed.

La victime était étudiant en lettres à l'Université de Nouakchott, selon plusieurs agences de presse qui signalaient d'autres manifestations dans l'intérieur du pays, dans des villes comme Kiffa et Aioun dans le sud-est du pays.

Début février, un cas de profanation avait été signalé à Zouérate dans le nord. L’homme mis en cause avait été conduit à Nouakchott pour des examens psychiatriques.

Un mois plus tôt, la publication d'un article jugé blasphématoire avait provoqué la colère de nombreux Mauritaniens. L'auteur, qui encoure la peine de mort s’il est trouvé coupable, comparaît en cour à Nouadhibou, situé dans la région nord-ouest de la République islamique de Mauritanie.
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