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Manifestation prévue ce lundi à Brasilia en marge du match Brésil-Cameroun


Des manifestants lors d'une marche à Brasilia, 15 juin 2014.

Des manifestants lors d'une marche à Brasilia, 15 juin 2014.

Le comité populaire contre la coupe du monde a décidé de défiler. Et ce, plus d’un an après les gigantesques manifestations de 2013 dans tout le pays. Les explications de l’envoyé spécial de la VOA au Brésil, Nicolas Pinault.

Non loin de l’Université de Brasilia, une trentaine de personnes sont réunies pour célébrer un anniversaire un peu particulier. Il y a un an, plus d'un million de Brésiliens descendaient dans la rue. Une explosion sociale dans un pays toujours divisé sur les milliards dépensés pour organiser la coupe du monde.

Thiago Avila est l’un des plus actifs dans ce comité populaire contre la coupe du monde. Il y a encore quelques années, il était chef d’entreprise. Il a tout plaqué pour défendre ses idées. Un tatouage "Liberté, Egalité, Fraternité" sur l’avant-bras, il espère le changement au Brésil.

"Nous ne sommes pas contre le football, on aime le football. Nous croyons qu’ils utilisent ce sport, qui fait partie de notre culture, contre le peuple. La population le comprend très bien. Nous sommes contre les violations, les droits des grandes entreprises et contre tout ce qui crée un modèle de société qui est très diffèrent de celui auquel nous croyons."

Thiago et les autres seront dans la rue ce lundi. Ils réclameront une nouvelle fois plus d’investissement dans les secteurs publics comme la sante ou l’éducation. Vanessa Dourado est professeur d’anglais. Elle estime que l'éducation brésilienne "n'est pas de bonne qualité. Les écoles publiques, normalement ne font pas cours car il n’y a pas de professeur pour enseigner. Si vous voulez un éducation de bonne qualité, vous devez payer pour cela."

Autre priorité des manifestants : contrer la folie immobilière depuis quelques années au Brésil. Les immeubles poussent comme des champignons au mépris des plus démunis ou des peuples indiens, souvent expulsés

"La façon dont la coupe du monde a été faite montre notamment qu’il y a eu de nombreuses expulsions de personnes vivant dans la rue. Les sans-abri ont été visés par la police. Il y a une politique d’embourgeoisement de nos villes autour de la coupe du monde", explique Sabrina Fernandes, une chercheuse de l’Université de Carlton au Canada.

A plus long terme, les comites populaires espèrent changer en profondeur la démocratie brésilienne et sa classe politique jugée trop autoritaire et conservatrice. Frederico Flósculo connaît bien les aspirations des contestataires. Il enseigne l’architecture et l’urbanisme à l’université de Brasilia

"Le Brésil est un pays très contradictoire, base sur une centralisation du pouvoir. Nos problèmes majeurs sont liés à la démocratie et à la participation du peuple dans le processus de décision. Nos gouvernants sont autoritaires. "

Les manifestations se poursuivront jusqu'à a la fin de la coupe du monde et au-delà. Les protestataires attendent aussi les résultats des élections d’octobre prochain pour savoir si leurs revendications ont été prises en compte
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