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Les manifestations contre le gouvernement continuent en France lors de l'Euro 2016


Les employés en grève tiennent la pancarte "grève générale" lors d'une manifestation à Paris, France, le 14 juin 2016.
Les employés en grève tiennent la pancarte "grève générale" lors d'une manifestation à Paris, France, le 14 juin 2016.

Les Français sont descendus mardi dans les rues à Paris et en province, en plein Euro de football, pour protester contre une réforme du gouvernement socialiste qui a plongé depuis mars le pays dans de multiples grèves et manifestations émaillées de violences.

Les syndicats, CGT en tête, ont annoncé la mobilisation de plusieurs centaines de milliers de personnes pour marquer leur opposition à la réforme du code du travail. Le pouvoir veut voir dans cette 9e journée d'action un baroud d'honneur d'un mouvement social inédit sous la gauche depuis 1981.

"J'ai participé à toutes les manifs depuis mars, parce que je veux vivre dignement et pas survivre. Je veux le retrait pur et dur (de la réforme). Ca s'arrêtera seulement quand il y aura le retrait", assure à Paris Aurélien Boukelmoune, 26 ans, technicien dans le secteur de l'énergie.

Alors que les forces de l'ordre sont sous pression pour l'Euro de football et qu'elles restent sous la menace d'attaques jihadistes comme l'illustre la mort brutale lundi d'un policier et de sa compagne dans la région parisienne, des violences sont craintes lors de cette mobilisation nationale.

Environ 130 personnes, déjà interpellées lors de précédents défilés, ont été interdites de manifestation mardi. Depuis le 9 mars, plusieurs rassemblements ont donné lieu à des scènes de guérilla urbaine, faisant des centaines de blessés et d'arrestations.

Mais à ceux qui "spéculent" sur la dernière manche de l'interminable bras de fer avec le pouvoir, le dirigeant de la centrale contestataire CGT, Philippe Martinez, a promis une réponse historique.

La CGT, qui a affrété plus de 600 cars dans toute la France pour rejoindre la capitale, espère rassembler plus de monde que le 31 mars, journée de manifestations qui avait rassemblé près de 390.000 personnes dans 250 villes, selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs.

Des manifestations ont été aussi organisées dans une cinquantaine de villes de province.

"Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société-là on n'en veut pas", scandaient les manifestants à Lyon (centre-est). "La Belgique avec nous !", a crié le cortège en croisant des supporters belges de l'Euro.

Tour Eiffel fermée

Dans la matinée, des barrages filtrants étaient signalés à Brest (ouest) et des grèves au port de Marseille (sud). Le secteur de l'énergie était aussi touché, avec des baisses de production dans différentes centrales et des lignes haute tension coupées en région parisienne, selon la CGT.

A Paris, la Tour Eiffel a été fermée en raison de la grève d'une partie du personnel.

Dans les chemins de fer, après 14 jours de mouvement, le taux de grévistes est remonté mardi à 7,3%, toutes catégories confondues, contre 4,6% la veille.

Deux autres journées de grèves et manifestations partout en France sont déjà prévues les 23 et 28 juin.

"C'est loin d'être la dernière manif. Dans l'intérêt du gouvernement mieux vaut qu'il retire sa loi sinon on bloquera l'économie", menace Aurélien Boukelmoune.

Un entretien est prévu vendredi entre le dirigeant de la CGT avec la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

A moins d'un an de l'élection présidentielle, cette dernière grande réforme du quinquennat de François Hollande vise, selon le gouvernement, à apporter de la flexibilité aux entreprises pour lutter contre un chômage endémique (près de 10%). Elle inclut notamment un assouplissement de la législation sur le temps de travail en favorisant les accords d'entreprises.

Pour ses détracteurs, le texte risque d'accentuer la précarisation des salariés.

Le mouvement social s'était durci il y a trois semaines avec le blocage de ports, de raffineries et de dépôts de carburants, poussant la France à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole.

A l'approche de l'Euro, ces actions ont nui à l'image de la France et au tourisme, secteur déjà plombé par les attentats de 2015.

Selon un sondage publié dimanche, une courte majorité de Français (54%) désapprouve désormais la poursuite des grèves et manifestations. Il y a trois semaines, la même enquête avait donné un résultat exactement inverse.

Avec AFP

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