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Mali : mort de l'Amonekal


Des prisonniers touaregs relâchés par le gouvernement malien. Bamako, 15 juillet 2014.

Des prisonniers touaregs relâchés par le gouvernement malien. Bamako, 15 juillet 2014.

Intalla ag Attaher, l'Amenokal, grand chef traditionnel touareg, est décédé à Kidal à l’age de 87 ans

Les Touaregs sont en deuil depuis jeudi soir

Dans le Nord du Mali, l'Amenokal, grand chef traditionnel touareg, s'est éteint. Depuis 2005, il était immobilisé sur un fauteuil roulant à la suite d’un accident de voiture mais il continuait à jouer son rôle de grand chef coutumier. Il était un patriarche respecté, consulté pour les litiges et sur toutes les questions du nord malien.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a rendu hommage dans un communiqué au "très sage et très respecté patriarche qui nous quitte au milieu du gué", en référence aux négociations de paix en cours entre Bamako et les groupes rebelles du nord.

Saluant "un artisan infatigable de la paix", il a dit espérer que sa mémoire serait une source d'inspiration pour parvenir au "développement socio-économique et culturel harmonieux pour le Mali en général, et pour les régions du Nord en particulier".

Intalla ag Attaher a été inhumé tôt ce vendredi matin à Kidal, où il résidait. Les jeunes étaient nombreux à venir rendre un dernier hommage au "vieux Intalla" comme ils le surnommaient affectueusement.

Intalla ag Attaher a laissé derrière lui trois fils : Mohamed, Alghabas, et Atayoub. Tous ont eu des responsabilités dans les groupes armés du Nord.

Alghabas ancien numéro deux du mouvement Ansar Dine, puis créateur de l’éphémère Mouvement islamique de l’Azawad et désormais à la tête le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad HCUA.

Joint par VOA Afrique, Bakran Ag Sidi Mohammed, un jeune touareg de Kidal affirme que "c’est toute la communauté qui est en deuil".

Dans sa dernière déclaration, publiée le 14 décembre 2014 à Kidal, peu de jours avant sa mort, l’Amenokal disait ceci :

"L'Azawad était occupé par la France. Quand la France est partie, elle a installé le Mali ici au Nord. Depuis 1960, aucune infrastructure, aucune administration digne de ce nom n'a été mise en place. Par conséquent, nous n'avons pas le choix, il faut que nous cherchions nous même des solutions pour le développement : créer des écoles, des structures de santé avant de penser à la création d'un Etat même si le but principal c'est d'avoir un jour un Etat avec tout ce que cela comporte d'organisation. Je vous demande de réfléchir à tout ça, d'avoir une réflexion constructive pour l'avenir."

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