Liens d'accessibilité

Mali : la lettre à l’ origine de l’enlèvement du journaliste Boukary Daou


 Amadou Haya Sanogo,(droite), 30 mars 2012.

Amadou Haya Sanogo,(droite), 30 mars 2012.

La lettre publiée le mercredi 6 mars 2013 et signée par un certain capitaine Touré, dénonce les avantages accordés à l'ancien chef de la junte, le capitaine Amadou Haya Sanogo.

Le directeur de publication du journal "Le Républicain", Boukary Daou, a été arrêté dans la capitale malienne, le mercredi 6 mars 2013, après la parution d'une lettre ouverte d'un soldat contre les compensations accordées au chef de l'ex-junte militaire, le capitaine Amadou Haya Sanogo. On n'a pas eu de ses nouvelles depuis.

Mardi 12 février, l’ensemble de la presse nationale et les medias audiovisuels à l’exception de l’ORTM, la radiotélévision d’Etat, ont observé une journée sans presse qui a été un succès selon les observateurs. Les journaux n'ont pas paru, les stations de radio-télé sont restées, en grande majorité, muettes...

C’était la première d'une série de journées sans presse dont l'objectif est de forcer les autorités à libérer le confrère Boukary Daou.

Retrouvez ci-dessous, la lettre en question. Elle a été signée par un certain capitaine Touré.

La lettre ouverte au Président de la République :

Monsieur le Président,

Nous avons appris, pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, que le Capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d’Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d’un salaire de quatre millions. Et les autres de son groupe, c’est-à-dire son clan, qui refusent de venir combattre, bénéficient également des mêmes traitements.

Nous ne comprenons pas cela et nous exigeons de vous, nous autres soldats de l’armée malienne des explications claires et nettes. Nous voulons savoir s’il faut faire un coup d’Etat pour être récompensé et reconnu comme bon soldat ? Nous n’accepterons jamais cela.

Si cette décision n’est pas annulée avant dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c’est-à-dire moi et mes éléments, de combattre et nous sommes prêts à en subir toutes les conséquences.

Fait à Gao, le 1er mars 2013

Le Capitaine TOURE
XS
SM
MD
LG