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Suspension du procès d'Amadou Sanogo


Le chef de l'ex-junte Amadou Haya Sanogo devant la cour d'assises de Sikasso, dans le sud du Mali, le 30 novembre 2016.

Le chef de l'ex-junte Amadou Haya Sanogo devant la cour d'assises de Sikasso, dans le sud du Mali, le 30 novembre 2016.

Poursuivi pour "assassinat et complicité d'assassinat" de militaires, le chef de l'ex-junte malienne a déclaré "avoir le moral" à l'ouverture de son procès devant une cour d'assises de Sikasso, dans le sud du pays. Les audiences ont été suspendues pour 24 heures à la demande de la défense. Le procès doit reprendre vendredi.

Après avoir demandé une suspension de 48 heures, les avocats de la défense ont finalement obtenu 24 heures.

"Les accusés n'ont pas eu le temps de parler avec leurs avocats donc cette suspension va aider à trouver une stratégie, ce qui respecte leurs droits", explique Maître Cheick Oumar Konaré, un des avocats d'Amadou Haya Sanogo.

Les avocats des victimes ne sont pas opposés au droit de communiquer des avocats avec leurs clients, mais ils ont des inquiétudes. Maître Clemence Berto, membre du collectif des avocats des victimes, espère que ce n'est pas "une manoeuvre pour ensuite revenir vendredi et cette fois-ci demander un report ou une nouvelle suspension".

Selon elle, "toutes les conditions sont réunies pour rentrer dans le fond des débats".

L'officier comparaissait avec 16 co-prévenus pour "enlèvement et assassinat, complicité d'enlèvement et d'assassinat" de soldats dont les corps ont été retrouvés dans un charnier en 2013. Il encourt la peine de mort.

Initialement prévue au tribunal de Sikasso (370 km au sud-est de Bamako), l'audience s'est finalement déroulé dans une salle de spectacles pouvant accueillir un millier de personnes, la première salle du tribunal ayant été jugée trop exiguë.

Ouverture du procès de Sanogo devant une cour d'assises de Sikasso, dans le sud du Mali, le 30 novembre 2016.

Ouverture du procès de Sanogo devant une cour d'assises de Sikasso, dans le sud du Mali, le 30 novembre 2016.

"Le procès mettra le temps qu'il faut pour la manifestation de la vérité", a déclaré le procureur général, Mamadou Lamine Coulibaly, au début de l'audience devant une salle bondée.

L'accès à cette salle se fait après une fouille, sous une sécurité renforcée autour du bâtiment avec la présence notamment de policiers et de la garde nationale, une unité de l'armée.

Le juge de la Cour d'assises lors du procès d'Amadou Haya Sanogo à Sikasso, dans le sud du Mali, le 30 novembre 2016.

Le juge de la Cour d'assises lors du procès d'Amadou Haya Sanogo à Sikasso, dans le sud du Mali, le 30 novembre 2016.

La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Bamako a annoncé en décembre 2015 le renvoi aux assises des prévenus dans l'affaire dite des "Bérets rouges".

Opposés au putsch de mars 2012 conduit par Amadou Sanogo, alors obscur capitaine de l'armée, qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, les "Bérets rouges" avaient vainement tenté un contre-coup d'Etat un mois plus tard avant d'être pourchassés par les putschistes.

Les corps d'une vingtaine de militaires appartenant à cette unité parachutiste avaient été retrouvés en décembre 2013 dans un charnier à Diago, près de Kati, où était basé le quartier général de Sanogo.

Le putsch de mars 2012 a précipité la déroute de l'armée face à la rébellion touareg et aux groupes jihadistes dans le nord du Mali. Cette partie du pays était alors tombée sous la coupe de groupes liés à Al-Qaïda, d'abord alliés de la rébellion touareg, qu'ils avaient ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

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