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Malaise parmi les salariés américains touchant le Smic


Manifestation devant un Burger King à Los Angeles, en Californie

Manifestation devant un Burger King à Los Angeles, en Californie

Depuis plusieurs semaines, des employés de la restauration rapide débrayent aux Etats-Unis, dénonçant des salaires de misère qui ne leur permettent plus de survivre. Ils réclament notamment le droit de se syndiquer.

A New-York, les employés de plusieurs centaines de restaurants, et de magasins de vente au détail sont descendus dans les rues pour réclamer des augmentations de salaire.

Tasian Edwards travaille pour le géant de la restauration rapide Burger King et dit que le SMIC, soit 7,25 dollar de l'heure, ne suffit pas à nourrir sa famille.
Grève devant un McDonald's de Harlem à New York

Grève devant un McDonald's de Harlem à New York


« Je suis le plus âgé chez moi. Et je suis le seul qui peut travailler en ce moment, et de 7,25 dollar ne suffit pas à nourrir mes trois frères et sœurs, y compris ma mère et moi-même » explique Tasian Edwards.

Récemment affirment des syndicalistes, des travailleurs de plus de 50 villes américaines, dont Chicago, Detroit et Los Angeles, ont participé à l'une des plus grandes manifestations organisées dans le pays. Ces grèves font partie d'une campagne soutenue par les syndicats pour exiger un salaire minimum de 15 dollars l'heure et le droit d'adhérer à un syndicat.

Ce à quoi les responsables de la restauration rapide font valoir qu’ils fournissent leurs premiers emplois aux étudiants et aux travailleurs peu qualifiés qui, au fil du temps, pourront briguer de meilleurs emplois et salaires. Imposer des salaires plus élevés à la restauration rapide, disent-ils, pourrait se retourner contre les employés, notamment en provoquant des licenciements ou refus d’embauche.

Selon l’économiste Michael Saltzman de l’Institut sur les politiques de l’emploi (Employment Policies Institute), « Si les employeurs augmentent les salaires, ils doivent soit augmenter leurs prix, ce qui réduit le pouvoir d’achat des travailleurs, ou alors le patronat doit réduire les heures de travail, ou supprimer des postes ». Et M. Saltzman d’ajouter : « Alors, le salaire net des employés est réduit ».

Ce à quoi les syndicats rétorquent que vu le nombre d'emplois manufacturiers qui émigrent vers les pays à bas salaires comme la Chine, l'industrie de la restauration rapide reste la seule option pour beaucoup de travailleurs américains qualifiés.

Derrick Langley affirme qu'il est temps pour les travailleurs américains pour défendre leurs droits. « Je suis conscient que cela pourrait me faire perdre mon travail, mais en même temps je me bats pour quelque chose que je crois. Je ne vais tout simplement pas laisser quelqu'un me marcher sur les pieds, une fois que j’ai compris que cela faisait mal » déclare M. Langley.

M. Saltzman rappelle que les familles pauvres bénéficient déjà d’allègements fiscaux, mais beaucoup de travailleurs disent qu'ils ne veulent pas dépendre de l'aide du gouvernement. Dans ce cas, même si des grèves d’une journée ne peuvent pas forcer l'industrie à changer, elles pourraient accroître la pression sur le président Barack Obama et le Congrès pour qu’ils adoptent une législation sur l’augmentation du Smic.
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