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Lutte contre le terrorisme: "la logique sécuritaire, militaire, bien que nécessaire, a montré ses limites"


Photo d'illustration

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Les Etats doivent de toute urgence coopérer pour stopper la propagation de l'extrémisme violent dans le monde, a appelé mardi l'ONU, en prévision d'une conférence internationale consacrée à la prévention de l'extrémisme radical.

Jehangir Khan, directeur du Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, a averti que cet extrémisme était en train de "proliférer" et qu'il constituait un "danger clair et actuel" partout dans le monde.

Il a souligné que des dizaines de milliers de combattants étrangers, issus d'une centaine de pays, avaient rejoint les zones de conflit de la Syrie et de l'Irak, tandis que des extrémistes locaux s'étaient radicalisés en Europe en lançant des attaques meurtrières comme celles de Bruxelles récemment.

"Tout le monde est potentiellement touché par l'extrémisme violent. Personne n'est épargné", a dit M. Khan, estimant qu'une "coopération internationale n'avait jamais été aussi nécessaire que maintenant".

L'ONU va organiser jeudi et vendredi à Genève une conférence, avec le gouvernement suisse, sur la prévention de l'extrémisme violent, en présence d'une trentaine de ministres et de vice-ministres, dont les chefs de la diplomatie de la Belgique, de la Suisse, de l'Egypte et de la Malaisie.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon présidera vendredi matin la session ministérielle, aux côtés du ministre suisse des Affaires étrangères, Didier Burkhalter.

Des experts de la lutte antiterroriste, des représentants d'organisations régionales et de réseaux sociaux participeront également à cette conférence.

"La logique sécuritaire, militaire, bien que nécessaire, a montré ses limites", a déclaré M. Khan, ajoutant que les stratégies visant à d'abord empêcher les jeunes de se radicaliser devaient être davantage privilégiées.

Des experts pensent que des mesures fermes, parfois brutales, prises par certains pays dans la lutte contre l'extrémisme peuvent être contreproductives en poussant davantage de personnes à se radicaliser.

"Nous devons rompre cette sorte de cercle vicieux", a déclaré Stephan Husy, ambassadeur en mission spéciale pour la lutte contre le terrorisme au ministère suisse des Affaires étrangères.

"L'une des constatations que nous avons faites au cours des 10 ou 15 dernières années est que peut-être plus de terroristes ont été générés qu'éliminés", a-t-il dit à la presse.

Avec AFP

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