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Lutte contre l'EI : Paris reçoit le soutien de Rome et Berlin, Hollande se rend à Moscou


Manuel Valls (g.) et François Hollande (d.) à Paris, le 26 novembre 2015. (AP Photo/Michel Euler)

Manuel Valls (g.) et François Hollande (d.) à Paris, le 26 novembre 2015. (AP Photo/Michel Euler)

Avant de s'envoler pour la Russie, François Hollande a rencontré le président du Conseil italien Matteo Renzi jeudi matin, qui lui a confirmé l'engagement de son pays dans une "stratégie globale" contre le terrorisme.

Le président français François Hollande se rendait jeudi à Moscou pour tenter de rapprocher les positions russe et américaine sur la Syrie et la lutte contre le groupe Etat islamique, responsable des attentats de Paris, qu'il veut atteindre "au coeur" grâce à une coalition internationale élargie.

Poursuivant une intense semaine diplomatique, M. Hollande a reçu dans la matinée à Paris l'Italien Matteo Renzi, après l'Allemande Angela Merkel, et des discussions avec l'Américain Barack Obama et le Britannique David Cameron.

Ce dernier a de nouveau appelé jeudi son parlement - jusqu'ici réticent - à autoriser le Royaume-Uni à "étendre" ses frappes contre l'EI à la Syrie, afin de priver le groupe jihadiste d'un "sanctuaire" dans ce pays.

A l'issue de sa rencontre avec le président Hollande, le président du Conseil italien Matteo Renzi a quant à lui confirmé "l'engagement" de l'Italie dans une "stratégie globale" contre le terrorisme, sans toutefois préciser le rôle que jouerait son pays. Il a aussi averti que la Libye "risque d'être la prochaine urgence" de la communauté internationale.

Mercredi soir, François Hollande avait souligné que l'objectif est que le groupe EI "puisse être atteint en son coeur", et demandé à son principal partenaire en Europe, l'Allemagne, de participer au combat.

Après avoir rallié les Etats-Unis à une intensification des frappes, obtenu que les 27 partenaires de la France au sein de l'Union européenne aident à la lutte au Moyen-Orient de manière directe ou indirecte, le président français est attendu à 16H00 GMT par son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou.

Jusqu'à présent, la Russie, qui a été le premier pays à réclamer une "coalition" internationale contre les jihadistes de l'EI, joue sa partition en solo au Levant, plus ou moins en accord avec l'Iran. L'Occident demande que ses interventions militaires ne touchent plus l'opposition modérée, bénéficiant au régime de Bachar al-Assad, mais participent efficacement au ciblage de l'EI.

Tensions entre Moscou et Ankara

La séquence est militaire mais en arrière-plan se profilent de nouvelles discussions internationales sur un règlement politique du conflit en Syrie qui a fait depuis plus de quatre ans plus de 250.000 morts et poussé à l'exode des millions de Syriens. Face à Valdimir Poutine qui ne veut pas voir une ingérence extérieure dicter son avenir à la Syrie, François Hollande devrait faire valoir qu'il a mis en sourdine sa demande d'un départ au plus vite du pouvoir du président syrien.

La coordination de la lutte contre l'organisation jihadiste, qui a revendiqué mercredi l'attentat-suicide de la veille en plein coeur de Tunis, est compliquée, surtout après la destruction mardi d'un chasseur russe par la Turquie, pays de l'Otan et membre de la coalition anti-EI, au motif que l'avion aurait violé son espace aérien.

La Russie n'a toujours pas reçu d'excuses de la part d'Ankara, deux jours après l'incident, le plus grave entre Moscou et Ankara depuis le début de l'intervention militaire russe en Syrie il y a deux mois, a regretté jeudi Vladimir Poutine.

L'incident militaire a mis à mal la stratégie de Vladimir Poutine, partisan d'une coalition internationale appuyant les armées syrienne et irakienne. Et partant celle de François Hollande favorable à une coalition "élargie" contre l'EI depuis les attentats de Paris du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et 350 blessés.

Mercredi, la chancelière allemande Angela Merkel a promis de s'engager "vite" et "au côté de la France" dans la lutte contre l'EI. L'Allemagne, qui ne fait pas partie de la coalition alliée engagée en Irak et Syrie, a annoncé vouloir envoyer jusqu'à 650 soldats supplémentaires au Mali afin de soulager l'effort de guerre de la France mené parallèlement au Sahel et au Moyen-Orient.

Doté d'un nouveau Premier ministre, Justin Trudeau, le Canada, qui a abandonné les frappes aériennes, a affirmé de son côté qu'il était en train de réétudier sa participation militaire à la coalition contre l'EI.

Drapeaux bleu, blanc, rouge

Parallèlement, la chasse à l'homme se poursuit en Europe pour trouver deux fugitifs suspectés d'implication dans les attentats de Paris. Le Français Salah Abdeslam est activement recherché en Belgique où la tension et la crainte d'attaques restent vive. Un mandat d'arrêt international a d'autre part été lancé contre le belgo-marocain Mohamed Abrini, identifié en compagnie de Salah Abdeslam deux jours avant les attaques.

La France s'apprête à rendre un hommage solennel vendredi aux victimes des attentats (130 morts, 350 blessés) lors d'une cérémonie dans la cour des Invalides, un édifice au coeur de Paris où repose le corps de Napoléon. Les Parisiens ont été appelés à pavoiser la capitale de bannières bleu, blanc, rouge.

Mercredi, le Parlement français avait massivement voté pour autoriser la poursuite des frappes aériennes en Syrie.

Jeudi, dans un discours à l'université de la Sorbonne en hommage aux étudiants tués lors des attentats (dont une Italienne, Valeria Solesin), Matteo Renzi a souligné que la réponse aux attentats devait être "composée de deux ingrédients, la sécurité et la culture".

AFP

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