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L'ONU s'alarme de la détérioration de la situation au Soudan du Sud


Toby Lanzer, visitant des déplacés au Soudan du Sud

Toby Lanzer, visitant des déplacés au Soudan du Sud

Les responsables onusiens redoutent l’arrivée de la saison des pluies. Environ 70.000 civils se trouvent actuellement dans des bases de l'ONU à travers le pays après avoir fui les combats.

Inquiétude croissante des Nations Unies (ONU) concernant le Soudan du Sud. Des millions de personnes risquent la famine si les agences humanitaires n’obtiennent pas 230 millions de dollars dans les deux prochains mois.

Près d’un million de Sud-Soudanais ont fui leurs domiciles ces trois derniers mois. On dénombre plus de 800.000 déplacés internes et d’autres Sud-Soudanais se sont réfugiés dans les pays voisins. Des villes entières ont été détruites depuis le début du conflit en décembre, à travers le plus jeune pays du continent. Il n’y a plus de marchés, le commerce avec l’Ethiopie, l’Uganda et le Kenya s’est arrêté. Pour Toby Lanzer coordinateur des actions humanitaires de l’ONU, c’est une tragédie qui se prépare.

Selon lui 3,7 millions de personnes risquent de connaître la famine. Les mois d’avril et de mai sont supposés être ceux des cultures, mais les paysans ne peuvent pas aller aux champs à cause de l’insécurité.

Sans cultures, pas de sécurité alimentaire. « Si nous ratons la saison des semis, il y aura une baisse catastrophique de la sécurité alimentaire », a dit M. Lanzer. Le chef des opérations humanitaire de l’ONU au Soudan du Sud a donc lancé un vibrant appel pour obtenir 232 millions de dollars en vue d’éviter le pire.

Par ailleurs, les responsables onusiens redoutent l’arrivée de la saison des pluies. Environ 70.000 civils se trouvent actuellement dans des bases de l'ONU à travers le pays après avoir fui les combats. Avec l’arrivée des pluies, les conditions vont empirer dans ces camps surpeuplés, a averti la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud et chef de la Mission dans ce pays (MINUSS), Hilde Johnson.

Les sites à Tomping et Malakal en particulier risquent de devenir très rapidement des « pièges mortels », a-t-elle fait valoir, car ils risquent d’être inondés, ce qui pourrait entrainer l'apparition d'épidémies de choléra et de typhoïde. Mieux vaudrait les fermer, estime l’ONU.
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