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L'OMS doit décider du sort des derniers échantillons de virus vivants de la variole


Pendant des siècles, la variole a été l'une des maladies les plus redoutées et mortelles au monde

Pendant des siècles, la variole a été l'une des maladies les plus redoutées et mortelles au monde

D’ici à la fin de mai 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit décider du sort des derniers échantillons de virus vivants de la variole.

Pendant des siècles, la variole, appelée aussi petite vérole, a fait des ravages. Cette maladie virale très contagieuse couvrait les visages et les corps de pustules défigurantes. Grâce aux campagnes de vaccination massives à travers le monde, la pathologie a été totalement éradiquée à la fin des années 1970. L'Assemblée mondiale de la Santé (AMS) - l'organe dirigeant de l'OMS qui se réunit chaque année au mois de mai - doit décider du sort des derniers échantillons de virus.


Certains sont préservés ici aux Etats-Unis, aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC). La Russie en conserve également dans un site isolé, en Sibérie.

Les virologues des deux pays ont étudié à fond l'agent pathogène, ont percé son code génétique, évalué ses composés antiviraux potentiels et mis au point une nouvelle génération de vaccins contre la maladie, au cas où elle réapparaitrait.

Ce qui fait que depuis les années 1980, l’AMS, qui est composée de représentants des pays membres de l’OMS, s’interroge sur l’opportunité qu’il y aurait à détruire les derniers stocks de variole. En 2012, elle a décidé que la Russie et les Etats-Unis devraient accepter une date limite pour leur élimination.

Mais dans un texte publié le 2 mai 2014 dans la revue PLOS Pathogens, trois virologues ont appelé à la préservation de l'agent viral.

Parmi eux, Inger Damon des CDC, spécialiste mondiale de la variole, qui fait valoir qu’en dépit des avancées, le travail sur le virus n’est pas achevé. D’autant que certains pays pourraient conserver des stocks non-déclarés de variole, qui pourraient un jour tomber aux mains de terroristes.

C’est le désir d’éliminer une bonne fois pour toute cette maladie, et de ne pas risquer qu’elle soit réintroduite, qui fait que les scientifiques souhaitent pouvoir l’identifier rapidement, disposer de vaccins et d’antiviraux capables d’aider à protéger la communauté, estime Mme Damon. Donc, mieux vaut conserver les échantillons restant.

Du temps où la variole faisait rage, son taux de mortalité était notoirement élevé – environ 30 %. De surcroit, elle défigurait, et rendait facilement aveugle. Pour D.A. Henderson, qui dirigeait les efforts anti-variole des Etats-Unis dans les années 1960, il ne fait aucun doute que le virus doit être éliminé. Inutile de conserver des stocks, souligne-t-il, vu que les vaccins ne seraient pas détruits.

Les pays en développement – les plus lourdement pénalisés par la variole avant son éradication – militent pour la destruction des derniers stocks de virus. L’espoir est que l’AMS entendra leur appel et finalisera sa décision.
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