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L'OMS appelle à un effort mondial contre la pharmacorésistance


Des antibiotiques pour soigner le VIH

Des antibiotiques pour soigner le VIH

La résistance aux antibiotiques est à l'échelle mondiale une grave menace de santé publique, affirme l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans un rapport publié à Genève et portant sur 114 pays, l’OMS avertit que cette menace n'est plus seulement une prévision, mais bien une réalité à travers le monde.

Selon le Dr Carmen Pessoa Da Silva, experte de l’OMS à Genève, il s’agit de l’étude la plus compréhensive sur la question, notamment en ce qui concerne les bactéries résistantes aux antibiotiques. « On a contacté tous les pays membres de l’OMS », a-t-elle déclaré lors d’une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA). « On a réussi à avoir des données provenant des 114 pays ».

Le rapport, intitulé « Résistance aux antimicrobiens: rapport mondial sur la surveillance », met l’accent sur la résistance aux antibiotiques de sept bactéries différentes. Car elles sont à l’origine de multiples infections courantes telles que les septicémies, diarrhées, pneumonies, infections par voies urinaires ou encore la gonorrhée.

« Le rapport touche aussi à d’autres types de germes qui causent des infections, des parasites comme celui qui provoque la malaria, des virus comme le VIH ou encore la grippe » poursuit Mme Pessoa Da Silva. Il ne faut pas oublier par exemple « qu’il y a un million de cas par an de gonorrhée, sans parler des pneumonies ». Or, l’échec du traitement de dernier recours contre la gonorrhée – les céphalosporines de troisième génération – a été confirmé dans dix pays, dont l’Afrique du Sud mais aussi la France et le Japon. Bref, « On parle là d’infections qui sont très fréquentes, soit au sein des communautés, soit dans les milieux hospitaliers ».

Du fait de la résistance aux antimicrobiens, les patients sont malades plus longtemps, les traitements sont plus complexes, leur coût pèse davantage sur les systèmes de santé publique, et le risque de décès augmente. L'enjeu est immense.

Chaque pays et chaque individu doivent faire davantage, selon l’OMS, pour enrayer la résistance aux antibiotiques.

Mis à part le renforcement des systèmes primaires de santé, il faut prendre d’autres mesures pour prévenir les infections, « moyennant une meilleure hygiène, l’accès à l’eau potable, la lutte contre les infections nosocomiales et la vaccination – et pour réduire les besoins en antibiotiques ».

L’OMS évoque également « la nécessité de mettre au point de nouveaux produits diagnostiques, de nouveaux antibiotiques et d’autres outils pour permettre aux professionnels de la santé de garder leur avance sur la progression des résistances ».

Par ailleurs, note le Dr Pessoa Da Silva, chaque individu peut contribuer à lutter contre la pharmacorésistance en utilisant les antibiotiques uniquement lorsqu’ils sont prescrits par un médecin; en terminant le traitement, et en évitant de partager les médicaments avec d’autres personnes.
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