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L’intégration des pays de la CEMAC, toujours un rêve plutôt qu’une réalité


Le constat est là, selon les experts: la Communauté Économique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale, qui regroupe six pays, n’a pas accompli grand-chose depuis qu’elle a vu le jour en 1994.

L’Afrique centrale reste l'une des régions les plus pauvres du monde, 70 % de la population vivant avec moins d’1 dollar par jour et 30 % des habitants souffrant de la faim. Les efforts visant à améliorer les conditions de vie n'ont pas connu beaucoup de succès au cours des 20 dernières années.

Le constat est là, selon les experts: la Communauté Économique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC), qui regroupe six pays, n’a pas accompli grand-chose depuis qu’elle a vu le jour en 1994.

Le Camerounais Paul Tasong Njukang, commissaire à la Commission de la CEMAC, explique que le manque de volonté politique en faveur d’une véritable intégration est à l’origine de la mauvaise performance de la région.

« Nous avons plusieurs lacunes. N'oubliez pas que quand on parle d'intégration, c’est une question de compromis entre la souveraineté et les préoccupations régionales. C'est là où le plus grand défi persiste : comment faire en sorte que les différents pays renoncent à un peu de leur souveraineté. L'Afrique centrale est la sous-région la moins performante en termes de croissance économique et, paradoxalement, la plus nantie en termes de ressources naturelles » explique M. Tasong Njukang.

Alors que la CEMAC regroupe le Gabon, Cameroun, Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine (RCA), son taux de croissance économique n’était que de 2,2 pour cent en 2013, soit 50 % de moins que prévu.

Autre problème, selon M. Tasong Njukan : la mauvaise allocation des ressources de développement - tels que des projets d'infrastructure qui ne sont pas rentables.

« Si vous regardez ce que le gouvernement du Cameroun est en train d’investir pour construire un port en eau profonde – et si l’on se dit que tous les pays qui ont un front de mer dans la sous-région veulent l’imiter, cela vous donne une idée du gaspillage », affirme M. Tasong.

Il serait beaucoup plus rentable pour tous les pays de partager les infrastructures, ajoute le responsable de la CEMAC.

A preuve également le fait qu’en dépit de l’élaboration de nombreux projets régionaux : création d’une ligne aérienne, d’une place boursière, d’un système de passeports biométriques qui aurait dû être opérationnel en janvier 2014 – rien de tout cela n’a vu le jour.
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