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Libye: terminer le travail inachevé depuis la chute de Kadhafi


Des membres du groupe Etat Islamique en Libye

Des membres du groupe Etat Islamique en Libye

Une intervention militaire internationale contre le groupe Etat islamique en Libye commence à se mettre en place.

C’est le général Donald Bolduc, commandant des forces spéciales américaines en Afrique, qui a déclaré cette semaine au Wall Street Journal, qu'un centre de coordination de la coalition était en place à Rome en vue de cette intervention en Libye. Sa déclaration a fait sursauter les états-majors militaires et politiques.

L’italien Domenico Rossi, sous-secrétaire d'Etat à la Défense a aussitôt réagi sur son compte Twitter disant "Nous attendons la formation du gouvernement libyen, il n'y a pas de war room".

Pas d’Etat-major de guerre, mais les préparatifs sont en cours.

Roberta Pinotti, la ministre italienne de la Défense, avait déjà déclaré "nous sommes en train de coordonner la formation de la force de sécurité et de stabilisation libyenne, qui devra intervenir quand un gouvernement aura été formé". Comme la formation du gouvernement d’union nationale se fait toujours attendre l'armée américaine a déjà mené au moins deux raids aériens en Libye, dont celui du 19 février contre un camp de l'EI près de Sabrata, qui a fait 50 morts. Le porte-avions français Charles de Gaulle a quitté le Golfe pour la Méditerranée, officiellement pour des manœuvres avec la marine égyptienne. Londres a aussi annoncé l’envoi de soldats britanniques en Tunisie pour aider contre les infiltrations de djihadistes venant de Libye.

Le bourbier libyen

La communauté internationale s'inquiète de voir le groupe Etat Islamique renforcer sa présence en Libye particulièrement à Syrte aux portes de l’Europe. Ce groupe djihadiste compterait entre 3.000 et 5.000 combattants, selon des estimations française et américaine. Un état des lieux des forces sur le terrain:

Dans l’est de la Libye le gouvernement de Tobrouk reconnu par la communauté internationale a formé des forces spéciales dirigées par le général controversé Khalifa Haftar. Le général Haftar a conquis en 2014 une grande partie de Benghazi, deuxième ville du pays.

Toujours dans l’Est libyen la Force de la Cyrénaïque une coalition de tribus locales dirigée par Ibrahim al-Jodrane, réclame l’autonomie la région dite du "Croissant pétrolier". Ses forces contrôlent une grande partie des terminaux pétroliers. En janvier cette coalition a repoussé les combattants du groupe Etat Islamique qui tentaient de prendre le contrôle de sites pétroliers.

Le Conseil de la choura des révolutionnaires de Derna est une autre coalition hétéroclite de milices, notamment islamistes. Elle contrôle Derna, à 1.100 km à l'est de Tripoli. L'EI occupe la périphérie de la ville stratégique.

Fajr Libya "Aube de la Libye" est de fait la branche armée du gouvernement de Tripoli non reconnu internationalement. Cette coalition de milices islamistes, avait combattu le colonel Mouammar Kadhafi lors de la révolte de 2011. En août 2014, Fajr Libya s'est emparée de Tripoli et contrôle quasiment toutes les villes côtières entre Misrata et la frontière tunisienne.

Avec AFP

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