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Libye: le retour des ambassades, une nouvelle victoire du gouvernement d'union nationale


L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye Martin Kobler, à gauche de l'image, et le premier ministre libyen Fayez Serraj, au Caire, en Egypte, février 2016.

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye Martin Kobler, à gauche de l'image, et le premier ministre libyen Fayez Serraj, au Caire, en Egypte, février 2016.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, a effectué mardi une visite à Tripoli pour soutenir le gouvernement d'union nationale, un nouveau signe de l'autorité grandissante du nouvel exécutif appuyé par la communauté internationale.

Empêché à deux reprises récemment de venir dans la capitale libyenne par la coalition de milices qui avait pris le contrôle de Tripoli à l'été 2014, M. Kobler a cette fois-ci pu s'offrir une promenade dans les rues de la médina, discutant avec les habitants et posant pour des selfies, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Kobler avait auparavant rencontré le Premier ministre désigné du gouvernement d'union, Fayez al-Sarraj, dans la base navale où son équipe a pris ses quartiers depuis son arrivée à Tripoli mercredi dernier.

L'entretien entre le Premier ministre et M. Kobler a porté sur "les moyens d'appuyer l'action" du gouvernement d'union et du Conseil présidentiel, un organe composé de membres des différentes factions libyennes qui a piloté la formation de l'exécutif, a indiqué à l'AFP un conseiller de M. Kobler qui a préféré garder l'anonymat.

Issu d'un accord politique signé au Maroc en décembre 2015 sous l'égide des Nations unies par certains députés des deux Parlements rivaux, le gouvernement d'union est sensé oeuvrer pour mettre fin au chaos qui règne en Libye depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

Ce pays riche en pétrole est notamment déchiré depuis l'été 2014 entre deux "gouvernements" rivaux, l'un basé à Tripoli et formé d'une coalition de milices dont certaines islamistes, et l'autre basé dans l'est du pays.

Profitant de cette désorganisation, le groupe jihadiste Etat islamique s'est implanté dans le pays notamment dans la ville de Syrte.

Depuis son installation en Libye, le gouvernement d'union a reçu le soutien d'institutions financières clé comme la Banque centrale et la compagnie nationale pétrolière ainsi que celui de municipalités de villes de l'ouest et du sud libyens.

L'ambiance à Tripoli a également changé, selon des habitants, alors que l'influence du gouvernement non reconnu et des groupes armés qui le soutiennent semble s'affaiblir.

Signe de ce changement, la Tunisie, pays voisin, a annoncé lundi sa décision de rouvrir son ambassade à Tripoli, fermée en 2014 quand les milices de la coalition Fajr Libya avaient pris le contrôle de la capitale.

Les pays européens avaient fait de même face au chaos grandissant mais mardi la France a dit étudier un retour.

"Nous avons noté avec une très grande satisfaction que la Tunisie a décidé de rouvrir son ambassade à Tripoli, et la question du retour de nos ambassades est, évidemment, d'actualité", a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

"Il reste beaucoup de questions sur le niveau de soutien populaire dont bénéficie le gouvernement d'union nationale en Libye que ce soit à Tripoli et dans l'Est", note toutefois dans une analyse, Soufan, groupe de consultants en matière de sécurité.

Pour être officiellement investi, le gouvernement d'union devait obtenir la confiance du Parlement de l'Est, basé à Tobrouk. Mais ce vote n'a jamais eu lieu faute de quorum.

Le gouvernement d'union s'est alors autoproclamé en fonction le 12 mars sur la base d'un communiqué de soutien publié par une centaine de parlementaires de Tobrouk (sur 198).

Dimanche, M. Kobler avait de nouveau pressé le Parlement de Tobrouk de voter la confiance au gouvernement d'union.

Avec AFP

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