Liens d'accessibilité

Libye : pourparlers "décisifs" au Maroc


Un membre des forces pro-gouvernementales libyennes, se trouve près d'un char à Benghazi, en Libye, 21 janvier 2015.

Un membre des forces pro-gouvernementales libyennes, se trouve près d'un char à Benghazi, en Libye, 21 janvier 2015.

Les Parlements rivaux libyens ont ouvert lundi soir une nouvelle session de négociations au Maroc, jugée "décisive" par l'ONU, sous la pression des dirigeants du G7 qui ont réclamé des "décisions politiques audacieuses" pour mettre fin à la guerre civile.

"Aujourd'hui, les yeux du peuple libyen sont sur vous avec l'espoir que votre action fera taire les armes", a déclaré en préambule l'émissaire onusien, Bernardino Leon.

Selon l'AFP, un nouveau projet d'accord, qui intègre les dernières remarques des parties, a été remis aux deux délégations. Elles devront le soumettre à leur Parlement respectif, avant d'espérer revenir au Maroc "en début de semaine prochaine" pour conclure, a avancé M. Leon.

Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi et déchirée par des combats entre milices lourdement armées, la Libye est divisée entre deux autorités et confrontée à la montée en puissance du groupe Etat islamique (EI).

Le pays compte actuellement deux gouvernements --et Parlements-- rivaux: l'un dans la capitale Tripoli sous la coupe de Fajr Libya, coalition de milices dont certaines islamistes, et l'autre dans l'est du pays, le seul reconnu par la communauté internationale.

L'ONU tente depuis des mois de trouver un compromis permettant la formation d'un gouvernement d'union nationale. Le but de Bernardino Leon lors de ce nouveau round à Skhirat, station balnéaire proche de Rabat, est d'arracher un accord avant le début du ramadan le 17 juin.

"Les récentes attaques terroristes doivent agir comme un déclic. Les combats doivent cesser", a clamé M. Leon durant cette cérémonie d'ouverture, lors de laquelle les deux délégations étaient réunies autour d'une même table, sous l'œil des caméras.

Le diplomate espagnol a exprimé le souhait d'obtenir les réponses des délégations à cette nouvelle mouture --la quatrième-- "dans les plus brefs délais".

D'ici là, des représentants des Parlements rivaux doivent également se rendre mardi à Berlin, afin de rencontrer de hauts diplomates de pays venant de participer au G7, ont affirmé à l'AFP des sources proches des négociations. Cette information n'a toutefois pas été confirmée officiellement.

La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Minul) avait qualifié vendredi dernier de "décisif" ce nouveau round, soulignant que les pourparlers étaient "à un point critique".

Elle avait appelé "toutes les parties à prendre leurs responsabilités face à l'histoire", en faisant valoir qu'il n'y avait "pas de solution militaire" possible au conflit.

Lundi, les pays du G7 ont également mis la pression, exhortant les délégations à prendre des "décisions politiques audacieuses".

"Nous appelons les Libyens de tous bords à saisir cette occasion pour déposer les armes", ont déclaré les dirigeants des Etats du G7 dans leur communiqué final.

"Dès qu'un accord aura été trouvé, nous serons prêts à fournir un soutien significatif à ce gouvernement représentatif et inclusif", notamment "pour débarrasser le pays des terroristes et des réseaux criminels", ont-ils ajouté.

Le quatrième projet d'accord doit inclure, d'après Bernardino Leon, des amendements consacrant "le principe de l'équilibre entre toutes les institutions en Libye".

Selon lui, l'ONU est prête à fournir une liste de noms de personnalités susceptibles d'intégrer un gouvernement d'union nationale dès un accord signé.

Parallèlement aux négociations au Maroc, des représentants de factions libyennes tiennent des discussions périodiques en Algérie. Une nouvelle rencontre a réuni 27 responsables libyens la semaine dernière à Alger, en présence de M. Leon.

Ils ont appelé les parties "à former rapidement un gouvernement d'union" pour s'attaquer aux problèmes du pays dans le domaine "sécuritaire, économique et politique".

Réunis dimanche au Caire, des responsables égyptiens, algériens et italiens ont aussi apporté leur "soutien" aux tractations. L'Italie a relevé qu'un accord permettrait de juguler le flux de migrants quittant les côtes de Libye pour rejoindre l'Europe.

L'Egypte redoute de son côté que les milices djihadistes qui occupent une partie de l'est de la Libye, en particulier celles affiliées au groupe EI, ne mettent en péril sa frontière occidentale, la forçant à ouvrir un second front. L'armée égyptienne combat déjà dans le Sinaï (est) un groupe très actif qui a fait allégeance à l'EI.

Essentiellement implanté jusque-là en Syrie et en Irak, l'EI a profité du chaos ambiant pour s'implanter en Libye l'an dernier.

Source: AFP

XS
SM
MD
LG