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Libye : l'UE va former des garde-côtes libyens à la lutte contre les passeurs


Au moins 146 migrants Maliens rapatriés le weekend dernier de la Libye, sont installés dans le camp de Sokoniko, une caserne de la protection civile à Bamako avant de rejoindre leurs familles, 26 mars 2016. (VOA Afrique/Kassim Traoré)

Au moins 146 migrants Maliens rapatriés le weekend dernier de la Libye, sont installés dans le camp de Sokoniko, une caserne de la protection civile à Bamako avant de rejoindre leurs familles, 26 mars 2016. (VOA Afrique/Kassim Traoré)

Les chefs de la diplomatie de l'UE ont donné leur feu vert lundi à l'élargissement du mandat de la mission navale de lutte contre les passeurs de migrants au large de la Libye "Sophia" pour y inclure la formation des garde-côtes libyens.

"Nous avons reçu une lettre" du Premier ministre du gouvernement d'unité nationale soutenu par la communauté internationale, Fayez el-Sarraj, "nous invitant à contribuer à l'entraînement des garde-côtes libyens et on y répondra très rapidement", a expliqué la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

"On a décidé aujourd'hui de procéder à la planification opérationnelle" pour pouvoir commencer "le plus vite possible" cette formation, dont peu de détails sont connus, a ajouté Mme Mogherini, à l'issue d'une réunion des 28 ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.

Dans les conclusions de cette réunion, les ministres donnent également leur feu vert politique à l'extension pour un an du mandat de la mission navale, mise sur pied il y a un an à la suite du naufrage tragique de 850 migrants au large de la Libye en avril 2015. Le mandat de "Sophia" expire en juillet prochain.

Cette nouvelle activité pourra être organisée "en quelques semaines", même s'il faut encore que le nouveau mandat de l'opération soit rédigé et formellement adopté par les 28, selon un haut responsable européen.

La formation des garde-côtes libyens, qui seront dûment "sélectionnés" pour éviter qu'ils ne fassent ensuite défection vers un groupe rival du gouvernement d'union nationale, sera assurée par l'un des six navires de guerre participant actuellement à l'opération "Sophia", a-t-il souligné.

L'objectif est d'intensifier les patrouilles au plus près des côtes libyennes, dont l'approche est actuellement impossible pour la mission "Sophia", ce qui limite son efficacité contre les réseaux criminels d'immigration clandestine. A tel point qu'un récent rapport parlementaire britannique l'a qualifiée d'"échec" en pointant le faible nombre de passeurs arrêtés (une cinquantaine depuis l'été dernier).

Dans son courrier à l'UE, le Premier ministre Fayez el-Sarraj, qui est encore loin d'avoir imposé son autorité à l'ensemble du pays, demande "un soutien rapide afin de contribuer à l'entraînement de la marine et de la garde-côte libyennes, ainsi que du service de sécurité", selon Mme Mogherini.

Une deuxième nouvelle tâche est envisagée pour cette mission, à savoir le partage de renseignements et "la mise en oeuvre de l'embargo sur les armes de l'ONU, en haute mer, au large des côtes libyennes, sur la base d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU", selon les conclusions.

Avec AFP

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