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Intervention internationale en Libye : Sissi rappelle les échecs en Somalie et en Afghanistan


Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi s'adresse au Parlement, au Caire, le 13 février 2016.

Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi s'adresse au Parlement, au Caire, le 13 février 2016.

Le président égyptien a souligné jeudi l'importance d'une "intervention sur demande libyenne et sous le mandat des Nations unies et de la Ligue arabe". Il appelle aussi à équiper l'Armée nationale libyenne du général Haftar.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a mis en garde jeudi contre toute intervention internationale prématurée en Libye, rappelant les échecs essuyés par la communauté internationale en Somalie et en Afghanistan, et a appelé à équiper l'Armée nationale libyenne du général Khalifa Haftar.

"Il est très important que toute initiative italienne, européenne ou internationale intervienne sur demande libyenne et sous le mandat des Nations unies et de la Ligue arabe", a souligné le chef de l'Etat égyptien, dans le deuxième volet d'une longue interview, parue dans le quotidien italien La Repubblica.

"Il faut garder à l'esprit deux leçons: celle de l'Afghanistan et celle de la Somalie: il y a eu des interventions étrangères il y a plus de trente ans et quels progrès ont été enregistrés depuis lors?" s'est-il interrogé. "Les résultats sont sous le regard de tous, l'Histoire parle clairement".

"Les Européens, a-t-il déploré, regardent la Libye comme si le groupe Etat islamique était l'unique menace. (...) C'est une erreur grave (...) Nous devons être conscients que nous avons devant nous différents sigles porteurs de la même idéologie: que dire des réseaux d'Al-Qaïda comme Ansar al-Islam, comme les shebab somaliens et jusqu'à Boko Haram en Afrique?"

Le président égyptien propose "une stratégie globale qui ne concerne pas seulement la Libye", consistant dans la défense dans la région de "la stabilité de tous les pays qui ne sont pas encore tombés dans le chaos". Et il prévient les Européens du "risque d'une vague de réfugiés deux ou trois fois plus grande qu'aujourd'hui".

Le président al-Sissi pose "cinq questions" au cas où il devait y avoir un jour une opération militaire sous commandement italien en Libye: "Un: comment entrons-nous en Libye et comment en sortons-nous ? Deux: qui aura la responsabilité de reconstituer les forces armées et les appareils de police ? Trois: au cours de la mission, comment fera-t-on pour gérer la sécurité et protéger la population ? Quatre: une intervention sera-t-elle en mesure de subvenir aux besoins et aux nécessités de toutes les communautés et peuples de Libye ? Cinq: qui se chargera de la reconstruction nationale ?"

L'alternative, fait-il valoir, est "le soutien à l'Armée nationale libyenne" (ANL) commandée par le général Khalifa Haftar. "Il y a des résultats positifs qui peuvent être atteints si nous la soutenons. Et ces résultats peuvent être obtenus avant que nous assumions la responsabilité d'une intervention".

"Si nous fournisssons des armes et un soutien à l'Armée nationale libyenne, elle peut faire le travail mieux que n'importe qui d'autre, mieux que toute intervention extérieure qui risque au contraire de nous amener dans une situation qui nous échappe et qui provoque des développements incontrôlables".

L'Egypte, a-t-il rappelé, "encourage" le parlement de Tobrouk (qui soutient majoritairement le général Haftar) à donner son approbation à un gouvernement d'union nationale libyenne.

AFP

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