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Libération de la journaliste Khadija Ismaïlova en Azerbaïdjan


Khadija Ismayilova, journaliste à Radio Azadliq du groupe Radio Free Europe/Radio Liberty, lors d'une émission à Bakou, en Azerbaïdjan, le 31 octobre 2011.

Khadija Ismayilova, journaliste à Radio Azadliq du groupe Radio Free Europe/Radio Liberty, lors d'une émission à Bakou, en Azerbaïdjan, le 31 octobre 2011.

Condamnée pour évasion fiscale au terme d'un procès controversé, sa peine initiale de sept ans et demi de prison ferme a été commué en trois ans et demi avec sursis.

"Je suis pleine d'énergie et je vais continuer mon travail de journaliste", a déclaré mercredi Mme Ismaïlova à la presse mercredi soir alors qu'elle rentrait chez elle, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La Cour suprême d'Azerbaïdjan a commué la peine initiale de sept ans et demi de prison ferme d'Ismaïlova en trois ans et demi de prison avec sursis", avait déclaré plus tôt à l'AFP Fariz Namazly, l'avocat de la journaliste.

Khadija Ismaïlova, 40 ans, journaliste d'investigation pour la radio Azadliq, qui fait partie de Radio Free Europe/Radio Liberty, média financé par les Etats-Unis, avait été condamnée en septembre pour activité économique illégale et évasion fiscale.

La journaliste avait rejeté ces accusations qu'elle estime être orchestrée par le pouvoir. Au total, elle a passé plus de 17 mois en prison depuis sa première mise en détention, en décembre 2014.

Connue pour ses enquêtes sur la corruption, Mme Ismaïlova avait accusé le gouvernement d'avoir recueilli des preuves contre elle "illégalement, sous la pression" et d'avoir "inventé les crimes" à son encontre.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui place l'Azerbaïdjan parmi les dix pires pays du monde en matière de censure, a salué mercredi la libération de la journaliste tout en estimant que Bakou devait aller plus loin.

"Nous appelons les autorités azerbaïdjanaises à modifier les conditions de sa libération et à libérer immédiatement tous les journalistes emprisonnés pour leur travail", a déclaré dans un communiqué Nina Ognianova, coordinatrice du CPJ pour l'Europe et l'Asie centrale.

Les Occidentaux et les organisations de défense des droits de l'Homme avaient dénoncé sa condamnation et appelé à maintes reprises les autorités azerbaïdjanaises à libérer Khadija Ismaïlova, Amnesty International la qualifiant notamment de "prisonnière d'opinion".

Mme Ismaïlova est la lauréate 2016 du prix mondial de la liberté de la presse Guillermo Cano, décerné par l’UNESCO. Elle a aussi reçu en août le prestigieux prix Alison Des Forges de l'ONG Human Rights Watch, récompensant des militants des droits de l'Homme.

Les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le régime du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, toute contestation provoquant aussitôt, selon elles, une réaction sévère des autorités de ce pays du Caucase riche en pétrole.

Quatorze opposants politiques et militants des droits de l'homme considérés comme des "prisonniers politiques" par les ONG ont bénéficié d'une amnistie présidentielle et ont été libérés en mars, mais Khadija Ismaïlova n'en faisait pas partie.

Avec AFP

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