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L'Europe perd le contact avec sa sonde Rosetta dans l'Espace... et le retrouve quelques temps plus tard


Rosetta, la sonde cométaire de l'Agence spatiale européenne (REUTERS/ESA/NASA)

Rosetta, la sonde cométaire de l'Agence spatiale européenne (REUTERS/ESA/NASA)

Grosse frayeur pour Rosetta: l'Europe a perdu le contact avec la sonde pendant près de 24 heures alors qu'elle survolait de très près la surface de la comète Tchouri mais tout est rentré dans l'ordre et l'aventure continue.

"Nous avons perdu le contact avec la sonde samedi soir pendant près de 24 heures", a révélé jeudi Patrick Martin, responsable de la mission Rosetta pour l'Agence spatiale européenne (ESA). A présent, "la sonde est revenue à un mode normal et ses instruments ont recommencé à travailler", a-t-il indiqué à l'AFP.

"Les équipes ont pu déterminer la position de Rosetta. Cela a permis de faire une manoeuvre mardi pour éloigner la sonde de la comète et la placer sur une orbite à 30 km" de Tchouri, a-t-il précisé.

"Dur week-end", avait confié lundi la sonde sur son compte Twitter, animé par l'ESA. "J'ai basculé en safe mode (ndlr: mode sécurité) à cause d'un problème de poussières... Mais à présent, j'ai récupéré".

Lancée en 2004, la sonde européenne est en orbite autour de la comète Tchourioumov-Guérassimenko depuis août 2014. Trois mois plus tard, elle a largué le petit robot-laboratoire Philae, désormais totalement endormi sur la comète qui se refroidit de plus en plus à mesure qu'elle s'éloigne du Soleil.

Tchouri se trouve actuellement à 428 millions de kilomètres de la Terre et à 468 millions de kilomètres de notre étoile.

Samedi, les viseurs d'étoiles qui permettent à la sonde de s'orienter ont été perturbés par des poussières alors que Rosetta se trouvait à 5 km seulement de la surface de Tchouri pour faire des analyses moléculaires et prendre des images.

Les viseurs ont sans doute pris un débris cométaire pour une étoile. L'antenne directionnelle de la sonde a cessé de pointer vers la Terre et les communications ont été interrompues.

"Le week-end a été extrêmement dramatique", a reconnu Sylvain Lodiot, responsable des opérations de vol de Rosetta à l'ESOC (Centre européen d'opérations spatiales) à Darmstadt (Allemagne).

- D'autres 'risques' en perspective -

"Nous avons dû envoyer des commandes en aveugle", raconte à l'AFP M. Lodiot. "C'est un terrible cas de panne !"

La sonde avait déjà rencontré un problème sur ses viseurs d'étoiles le 14 février et le 28 mars 2015 en survolant de près la comète 67P. Elle s'était alors éloignée d'elle pour se protéger.

L'objectif de la mission Rosetta, lancée il y a plus de vingt ans, est de mieux comprendre l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

"Les événements dramatiques du week-end sont un brusque rappel des dangers liés à un survol rapproché de la comète. Ils soulignent les risques que la sonde va affronter pendant les dernières semaines de sa mission", qui devrait s'achever vers le 30 septembre, souligne l'ESA sur son blog.

Cet été, Rosetta devrait approcher à nouveau de près la surface de la comète. Elle devrait essayer de débusquer précisément l'endroit où se trouve Philae, le célèbre robot à trois pattes qui a réalisé une première historique en s'y posant le 12 novembre 2014.

La sonde devrait ensuite descendre lentement vers le site Algikia où Philae avait atterri, avant de s'en éloigner après plusieurs rebonds imprévus.

Les ingénieurs feront leur possible pour que Rosetta, qui n'a pas de train d'atterrissage, s'écrase de la façon la moins rude possible sur Tchouri.

L'aventure de Rosetta sera alors bel et bien terminée. Mais la sonde et son robot, dont le monde a suivi les aventures pas à pas, sont d'ores et déjà auréolés de gloire et les résultats de la mission donneront encore lieu à nombre de publications scientifiques.

Une étude vient ainsi de révéler que des ingrédients considérés comme cruciaux pour l'origine de la vie sur Terre avaient été découverts dans l'environnement de la comète.

Ces éléments sont la glycine, le plus simple des acides aminés, et le phosphore, un élément clé de l'ADN et des membranes cellulaires.

Avec AFP

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