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Les trois étoiles de GG Tau-A, pour mieux comprendre la formation des planètes


L'observatoire ALMA au Chili, qui a facilité les travaux des chercheurs sur le système GG Tau-A

L'observatoire ALMA au Chili, qui a facilité les travaux des chercheurs sur le système GG Tau-A

Une équipe internationale d'astronomes a mené l'étude la plus précise à ce jour du cocon de gaz et de poussières du système GG Tau-A, dans la constellation du Taureau, à 450 années-lumière de la Terre.

Leurs mesures ont révélé que GG Tau-A est en fait un système stellaire triple. Il est composé d’une étoile double, dont l’une des composantes est également double. L'étoile simple GG Tau-Aa est entourée d'un disque de gaz et de poussieres assez grand.

C'est grâce au radiotélescope ALMA ( Atacama Large Millimeter/submillimeter Array ), au Chili, que l’équipe, dirigée par Anne Dutrey du Laboratoire d'Astrophysique de Bordeaux et du CNRS, a pu percer les mystères de GG Tau-A.

Les chercheurs ont ainsi détecté pour la première fois des mouvements de matière démontrant que des exoplanètes peuvent se former non seulement autour d'un des membres de ce trio d'étoiles jeunes, mais aussi à très grande distance, dans le disque entourant les trois Soleils.

Dans une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA), Mme Dutrey a expliqué que les trois étoiles créent une zone gravitationnellement instable appelée cavité, où la matière ne peut que transiter avant de tomber sur les étoiles centrales. Par contre, dans l'anneau externe, la matière en rotation peut s'organiser en une structure stable.

« A l’heure actuelle, la quantité de matière qui se trouve dans l’anneau … aussi bien que la quantité de matière qui se trouve autour de GG Tau-Aa - qui est le nom d’une des trois étoiles autour desquelles il y a un disque de gaz et de poussière - la quantité de matière que l’on a mesuré montre que l’on pourrait très bien plus tard envisager de former des planètes aussi bien dans le disque circumstellaire qui entoure GG Tau-Aa que dans l’anneau circumbinaire beaucoup plus loin », a expliqué Mme Dutrey.

Par ailleurs, ces travaux permettent de mieux comprendre la formation de notre système solaire, a-t-elle poursuivi. « Un des intérêts de ce système GG Tau-A, c’est que c’est un système relativement brillant. La séparation des étoiles est telle que l’anneau est assez étendu. Ce qui fait que l’on peut tester à des échelles qui sont accessibles à la résolution de nos télescopes aujourd’hui des effets physiques que l’on sait trouver sur des systèmes beaucoup plus petits pour la formation de planètes, comme dans notre propre système solaire », a précisé la chercheuse.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Nature.

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