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Les tensions persistent au sujet des eaux du Nil


Le Nil en Egypte, pays qui redoute de perdre une partie des eaux du Nil

Le Nil en Egypte, pays qui redoute de perdre une partie des eaux du Nil

En Afrique de l’Est, les tensions persistent au sujet des eaux du Nil, l’Éthiopie continuant de mener son projet de barrage controversé. De son côté, l'Ouganda est sur le point de ratifier un accord qui lui permettrait d’utiliser l'eau du Nil pour l'irrigation. Les pays en amont comme l'Ouganda, jugent le Nil crucial pour leur développement, tandis qu’en aval, l’Egypte s’oppose à de tels projets.

Le Nil fournit la quasi-totalité de l'approvisionnement en eau de l'Egypte. Mais les accords internationaux protégeant cet état de fait sont sur le point d'être remis en cause par Kampala, qui veut changer les règles du jeu.

En effet, l'Ouganda va bientôt devenir le deuxième pays du bassin du Nil à ratifier l'Accord-cadre de coopération signé en 2010. Ce traité, qui remplace une série d'accords datant de l'époque coloniale, va permettre aux pays en amont comme l'Ouganda d’utiliser le Nil pour des projets hydroélectriques et d'irrigation.

Le ministre ougandais de l'Eau et de l'Environnement, Ephraim Kamuntu, fait valoir que les anciens accords étaient injustes pour les pays en amont. « Cela a été fait à un moment où ces pays n'ont jamais été consultés. Ils n'ont jamais été signataires des accords précédents » explique le ministre. « Ces accords étaient presque basés sur la peur que les pays en amont puissent unilatéralement nuire aux intérêts de ceux en aval, et ce n'est pas vraiment le cas. Je ne pense pas qu'il y ait un pays africain qui veuille faire du mal aux Egyptiens. Nous apprécions pleinement que les eaux du Nil constituent la pierre angulaire de la civilisation égyptienne », ajoute M. Kamuntu.

Jusqu'à présent, les pays comme l'Ouganda ne pouvaient pas exploiter le Nil ou ses affluents sans d'abord demander la permission de l'Egypte. Les projets d'irrigation se sont avérés impossibles.

Abel Rwendeire de l'Autorité nationale ougandaise de planification affirme que ces eaux ont le potentiel de faire une réelle différence dans les provinces septentrionales et orientales arides de l'Ouganda, où il est difficile de pratiquer l'agriculture. Il ajoute que les canaux d'irrigation pourraient aussi aider en période de sécheresse.

« Cela ferait une grande différence, car une fois que vous avez une sorte d'évaporation, vous avez beaucoup d'eau en vapeur, et donc l'humidité dans l'air. Et donc vous changez réellement les conditions climatiques de la région, et vous aurez un peu plus de pluie que vous n’auriez eu précédemment » affirme M. Rwendeire.

Mwambusya Ndebesa, historien du développement de l’Université de Makerere à Kampala, en Ouganda, affirme que l’irrigation pourrait également être utilisée pour développer l'agriculture commerciale et attirer les investisseurs.

Mais on n’est pas encore là. Le mois dernier, le président égyptien, Mohammed Morsi, a menacé de verser du sang si son pays perdait une seule goutte d’eau du Nil. Et selon M. Ndebesa, un conflit avec l'Egypte pourrait avoir de sérieuses implications régionales.
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