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Les Sud-Soudanais en quête de sécurité en Ouganda


De jeunes réfugiés sud-soudanais dans le camp de Yumbe, en Ouganda

La guerre civile au Soudan du Sud a fait des milliers de victimes, pour la plupart des femmes. Celles qui sont prêtes à en parler racontent l’enfer qu’elles ont vécu, les passages à tabac, les viols perpétrés par les soldats du gouvernement.

Des centaines de réfugiés sud-soudanais ont traversé la frontière avec l'Ouganda, après avoir fui la ville de Pajok, que les forces pro-gouvernementales ont attaquée lundi, 3 avril, tuant au moins 85 personnes.

La traversée du no-man’s land entre le Soudan du Sud et la frontière ougandaise est le dernier obstacle d’un périple entrepris par David et sa sœur malgré eux. « Moi, je ne reviendrai pas là-bas. Ce que j'ai vu, et j'ai vu de mes propres yeux, je n'y retournerai pas. Mieux vaut mourir quelque part dans l'enfer, mais pas au Soudan du Sud », se promet David.

Cela fait deux jours que ces réfugiés marchent pour se mettre à l’abri. Comme David, plus de cinq mille habitants de Pajok ont fui pour rejoindre l’Ouganda, où ils ont trouvé un semblant de sécurité, mais pas le confort. Le camp manque d’abris et l'armée sud-soudanaise n'est jamais loin, n’hésitant pas à poursuivre les réfugiés.

Philip a retrouvé sa famille après avoir échappé aux soldats. Ceux-ci l’avaient arrêté et forcé à compter les cadavres qui jonchaient les rues. Il a insisté pour enterrer les morts avant de s’enfuir, et a gardé les séquelles : d’énormes cloques sur les mains. « J’ai compté quatre-vingt-cinq cadavres, qui ont été fusillés par les soldats du gouvernement. Je n'ai réussi qu'à enterrer treize d'entre eux », témoigne-t-il.

La guerre civile du Soudan du Sud a fait des milliers de victimes, pour la plupart des femmes. Celles qui sont prêtes à en parler racontent l’enfer qu’elles ont vécu, les passages à tabac, les viols perpétrés par les soldats du gouvernement. « Je suis tombée par terre et il a marché sur moi avec ses godasses, puis il m'a tiré par les pieds et m'a demandé de lui donner ma fille. Il y avait une fille avec nous. Je lui ai dit que ce n'était pas ma fille et que nous fuyions ensemble. Il a dit que je mentais. Un des soldats l'a emmenée dans une maison à côté de nous. L'autre est restée avec moi à l'extérieur. Nous étions à l'extérieur de la porte et nous avons entendu la jeune fille pleurer », raconte Joska Lamo.

En attendant de d’emménager dans les installations qui leur sont réservées, les réfugiés se débrouillent comme ils peuvent pour retrouver un semblant de vie. L'Ouganda n’est qu’un refuge temporaire, mais le provisoire pourrait devenir permanent, comme c’est souvent le cas dans les camps de réfugiés.

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