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Les services financiers mobiles, pour faciliter les transactions en Afrique


(Reuters)

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Selon John Sheldon, responsable du groupe MasterCard's Innovation, les paiements en espèces se font de plus en plus rares, notamment en Afrique.

Le Zimbabwe n'a plus de monnaie propre depuis plus de cinq ans : dans les magasins, les clients paient en dollars, et reçoivent des bonbons en guise de monnaie. Cela fait une dizaine d’année que, sous l’administration Mugabe, l'économie zimbabwéenne périclite, la croissance et les réserves de devises restant faibles, l’inflation et le chômage élevés. Les services financiers mobiles offriraient-ils une solution ?

En Suède, on calcule qu’entre 85 et 90 % des transactions s’effectuent électroniquement. D’où la disparition progressive de la monnaie, sauf virtuelle.

Selon John Sheldon, responsable du groupe MasterCard's Innovation, les paiements en espèce se font de plus en plus rares, notamment en Afrique. « Le continent a la chance de pouvoir faire un bond en avant et d’éviter les infrastructures dont se sont dotées l’Europe et l’Amérique du Nord », explique en substance John Sheldon. Les Africains peuvent, tout comme les Chinois, éviter les premiers modèles de mobiles et passer tout droit au téléphone 4G, se donnant ainsi la possibilité d'accéder à Internet à très haut débit. Pour ce qui est des paiements, ils peuvent aller droit aux paiements mobiles, en évitant les cartes de crédit à puce, etc. C’est dû au fait notamment à l’absence d’infrastructures.

Le géant des cartes bancaires MasterCard travaille avec le Nigéria et l’Afrique du Sud à réduire la fraude, grâce à une nouvelle technologie surnommée « preuve de vie » qui permet, une fois l’usager identifié, de procéder à des transactions virtuelles.

« Disons que je vais faire un achat. Je le légitime avec une photo d’identité, une photo qui permet de déterminer que c’est bien moi. On ajoute un mot de passe, et je peux prouver que je suis bien vivant, que c’est bien moi, et que je j’effectue cet achat » explique M. Sheldon.

Certes, les gouvernements africains impriment toujours de la monnaie, mais de plus en plus, explique le professeur Robert Hockett de l’université Cornell ici aux Etats-Unis, les transactions doivent s’opérer autrement.

« C’est souvent difficile de trouver des services bancaires, des institutions installées là où il faut, dans un endroit où l’on peut déposer son argent, rencontrer son banquier, etc. Donc, c’est plus pratique en fin de compte de transporter son compte bancaire dans son mobile », affirme le Professeur Hockett.

Par ailleurs, rappellent les experts, les espèces coûtent très cher à tout le monde. Il faut imprimer des billets, frapper les pièces de monnaie et les distribuer – des processus très onéreux.

Scott Shay, président de la Signature Bank à New York City, rappelle qu’il ne faut quand même pas éliminer complètement la monnaie. Elle a l’avantage de ne pas pouvoir être surveillée, contrairement aux transactions électroniques, fait-il valoir. Même en Suède, les deux-tiers de la population estiment que le fait d’avoir des billets ou de la monnaie sur soi est un droit humain.

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