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Les risques sismiques persistent en Haïti


A man sweeps an exposed tiled area of the earthquake-damaged Santa Ana Catholic church, where he now lives, in Port-au-Prince, Haiti, January 12, 2013.

A man sweeps an exposed tiled area of the earthquake-damaged Santa Ana Catholic church, where he now lives, in Port-au-Prince, Haiti, January 12, 2013.

Plusieurs géologues et sismologues croient que le pays est toujours vulnérable, six ans après le séisme dévastateur de 2010

Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7 ravageait Haïti, tuant plus de 200.000 personnes selon l'ONU. Des sources locales ont offert un bilan encore plus élevé. Six ans plus tard, le sismologue haïtien Claude Prépetit s'inquiète de l'absence de mesures politiques face à un risque sismique toujours élevé.

Haïti attend encore la mise en œuvre d’un programme nationale de reconstruction, notamment au niveau des infrastructures. Quelques chantiers ont été ouverts avec l’assistance de la communauté internationale (UE, USAID, gouvernement taïwanais).

Des signes de progrès sont visibles, surtout au niveau de la relocalisation de plusieurs dizaines de milliers de sinistrés. Cependant, beaucoup reste à faire, affirme sur VOA Afrique l’ingénieur-agronome Talot Bertrand, spécialiste de l’éducation sur l’environnement.

Dans un entretien accordé à l’AFP, l’ingénieur Prépetit a dressé le bilan des changements intervenus durant les six dernières années.

"Sur le plan scientifique, » explique-t-il, « nous avons réalisé l'étude du micro-zonage sismique de l'agglomération métropolitaine, établi les cartes qui montrent les types de sols, puisque l'on parle de la reconstruction de Port-au-Prince. Dans le nord du pays, qui est une zone à haut risque, la cartographie a également été faite. Avant le 12 janvier 2010, nous avions une vingtaine de sites de géodésie spatiale par GPS, maintenant nous avons plus de 130 sites mesurés régulièrement. L'une des informations révélée au cours de ces six années d'études est que le département du centre, que l'on croyait plus tranquille, se déforme également. »

Il faut éviter qu'une telle catastrophe ne se répète."

Prépetit n’est pas le seul à attirer l’attention des responsables sur cette réalité. Lors d’entretiens avec le service créole de la VOA, le géologue Jocelyn David a lancé maints avertissements, afin d’éviter une nouvelle castastrophe. L’un des facteurs préoccupants, c’est l’anarchie qui semble régner dans le secteur de la construction.

Le sismologue Claude Prépetit rappelle qu’ « il existe un code de construction en Haïti depuis 2012 mais qui se charge de le faire respecter? Il faut passer à la phase opérationnelle car la finalité de nos études est de réduire la vulnérabilité de la population. C'est d'éviter qu'au prochain séisme on ait 300.000 morts. Or pendant 6 ans, très peu d'actions et de décisions ont été prises. […] on n'a pas éduqué la population".

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a fait près de 300.000 morts, selon les autorités de Port-au-Prince. L’expert déplore le fait que le pays soit si vulnérable, six ans après.

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